Le 17 août 1999, à 3h09, un séisme de magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter secoue pendant une trentaine de secondes l'Ouest de la Turquie, de Bolu à Izmit et aux faubourgs d'Istanbul le long de la mer de Marmara. Les dégâts sont très importants dans la zone d'Izmit, à la fois très urbanisée et très industrielle: 27 000 personnes y trouvent la mort, et des centaines de milliers d'autres sont sans-abris. La zone littorale est partiellement submergée à la fois par des vagues (en rien comparables, toutefois, au tsunami japonais de vendredi) et par la subsidence de sols instables. Des bateaux se retrouvent à plusieurs centaines de mètres à l'intérieur des terres. Les raffineries et les plateformes chimiques sont en feu. Les axes de circulation (voies ferrées, autoroutes) sont durement touchés. L'IFEA, en particulier son Observatoire urbain, a consacré plusieurs études au tremblement de terre d'Izmit. (Cf. Deli Fatime, Pérouse Jean-François [1999] – Le séisme de Yalova-Izmit-Istanbul : premiers éléments d'information et d'appréciation – Les dossiers de l'IFEA, 1999, 40 p., rapport disponible sur le site Internet de l'IFEA).
Les conséquences de cette catastrophe sont autant politiques et sociétales que matérielles. On a beaucoup reproché aux administrations d'Etat, à l'armée (qui a tardé à sortir de ses casernes, officiellement parce qu'elle en attendait l'ordre d'Ankara) et au Croissant rouge de Turquie, leur retard à organiser les secours. Ceux-ci sont initialement pris en charge par des individus et associations de la société civile venant de la métropole d'Istanbul, aidés par des équipes de sauveteurs arrivés de l'étranger (non sans polémiques initiales: quelques nationalistes ont estimé que la Turquie n'avait pas besoin de l'aide étrangère). Les nombreux bâtiments effondrés témoignaient de la corruption par les promoteurs et entrepreneurs de certains fonctionnaires et élus municipaux et d'Etat : nombre de bâtiments se sont effondrés à Izmit à cause d'un béton friable, fabriqué avec du sable de mer, donc imprégné de sel; une grande partie des bâtiments récents ne respectaient pas les règles de sécurité parasismique. Le tremblement de terre de 1999 a donc contribué à la décrédibilisation de l'Etat, de l'armée et de la classe politique. Ce volet a été étudié par Pauline Schirmer, «Devlet Baba, es-tu là ? Le gouvernement turc face aux situations d'urgence. Le séisme d'Izmit du 17 août 1999», mémoire de 3e année de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble (sous la direction de JP. Burdy & N. Monceau, Grenoble, septembre 2007) L'organisation des secours en Turquie, et la gestion de crise, sont minutieusement analysées par la thèse de Çağlar Akgüngör, travail mené au sein de l'équipe de recherche de Claude Gilbert, au Laboratoire PACTE de Grenoble (cf. également l'interview de Çağlar Akgüngör publié par le Blog de L'OVIPOT dans son édition du 27 décembre 2007).
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Par Jean Marcou




Le tremblement de terre (en turc: «deprem») d'une magnitude exceptionnelle qui a frappé le Japon vendredi 11 mars 2011, ne peut qu'avoir un écho particulier en Turquie, et tout particulièrement à Istanbul.