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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité de l'Ifea - Georges Dumézil - Istanbul Ifea/OVIPOT : L’Ifea accueille des journalistes français et turcs pour débattre des législatives
Mardi, 14 Juin 2011 10:02

Ifea/OVIPOT : L’Ifea accueille des journalistes français et turcs pour débattre des législatives

Ifea/OVIPOT : L’Ifea accueille des journalistes français et turcs pour débattre des législativesA l'occasion de la rencontre franco-turque de journalistes mise en place par l' IFRI (Institut Français des Relations Internationales), l'IFEA a organisé, le 9 juin, un séminaire consacré aux élections législatives turques du 12 juin 2011. Ce scrutin est souvent présenté comme n'ayant pas d'enjeu. Tous les sondages s'accordent en effet pour donner l'AKP gagnant avec au moins 45% des suffrages. Comme le rappelle Nora Şeni, directrice de l'IFEA, une écrasante majorité de l'AKP inquiète, en raison des récentes atteintes à la liberté d'opinion et d'expression, et car ce parti a porté un nouvel ordre moral. Mais surtout, derrière cette reconduction annoncée de la majorité parlementaire, les enjeux à plus long terme sont pourtant importants. En effet, l'AKP promet de mettre en place une nouvelle constitution « civile » pour remplacer l'actuelle, promulguée en 1982 sous le régime militaire. Un vieux projet : « lors des élections de 1991, les partis s'engageaient déjà à changer la Constitution. Voilà vingt ans que la Turquie cherche une Constitution », explique Seyfettin Gürsel, professeur d'économie à l'Université de Bahçesehir et directeur du Centre de Recherche Economique et Sociales. L'AKP lui-même avait annoncé une nouvelle constitution en 2007, suite aux dernières législatives, avant d'abandonner ce projet au profit de la réforme constitutionnelle plus restreinte approuvée par référendum en septembre 2010. L'enjeu constitutionnel est donc au centre de l'élection, même s'il n'est pas au centre de la campagne.

 

 

Or, les rapports de force au sein du nouveau Parlement auront une influence décisive sur ce processus constitutionnel. En effet, pour faire adopter une constitution par le parlement sans entrer dans des alliances avec d'autres partis, l'AKP a besoin d'une majorité des deux tiers, soit de 367 sièges sur les 550 que compte l'Assemblée. Cela implique d'une part que le MHP n'obtienne pas de représentation parlementaire, et recueille donc moins de 10% des voix, et que le CHP se place dans la fourchette basse de ce qu'indiquent les sondages. Mais une majorité des trois cinquièmes (soit 330 sièges), permettrait déjà à l'AKP de soumettre le projet de Constitution à référendum – la question qui se pose alors est de savoir quelles sont les chances d'adoption de ce projet alors que, selon un sondage, les trois quarts de la population souhaiterait une nouvelle constitution... Justement, les derniers sondages placent l'AKP autour de 330 voix, ce qui maintient le suspense. L'enjeu n'est donc pas de savoir qui sera au gouvernement, mais combien de sièges l'AKP obtiendra. Les résultats électoraux influeront donc sur qui rédigera cette nouvelle Constitution, alors que de nombreux partis et associations et font des propositions à ce sujet. L'AKP sera-t-il amené à trouver un terrain d'entente avec l'opposition et laquelle ? Le Parlement issu des législatives du 12 juin sera-t-il aussi une Assemblée constituante ?

(...)

Par Helène Guillaume

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