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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité de l'Ifea - Georges Dumézil - Istanbul Ifea/OVIPOT : Turquie : après les élections législatives, satisfactions et frustrations…
Jeudi, 16 Juin 2011 09:24

Ifea/OVIPOT : Turquie : après les élections législatives, satisfactions et frustrations…

Ifea/OVIPOT : Turquie : après les élections législatives, satisfactions et frustrations…À l'issue des élections législatives du 12 juin 2011, qui ont permis à l'AKP d'être reconduit à la tête du pays pour la troisième fois consécutive (cf. notre édition du 13 juin 2011), le temps est venu d'analyser la portée d'un résultat finalement plus complexe qu'il n'y paraît. À bien des égards, le parlement 2011-2015 ressemblera beaucoup au parlement 2007-2011, avec un peu moins de députés AKP et MHP, et un peu plus de députés CHP et BDP. Cette structure quadripartite, comportant deux formations dominantes (l'AKP et le CHP) et deux formations secondaires (le MHP et le BDP), qui tend à faire ressembler le parlement turc à certains de ses homologues européens, conforte ces 4 formations désormais bien ancrées dans l'hémicycle. Mais leurs motifs initiaux de satisfactions ne sont pas exempts de zones d'ombre, et même parfois de frustrations.

À cet égard, la situation de l'AKP, grand vainqueur des élections, est significative. Remporter une élection générale avec près de 50% des suffrages exprimés, après 9 ans d'exercice du pouvoir, voilà qui n'est pas chose courante ! Le problème est que ce triomphe ne donne pas au parti de Recep Tayyip Erdoğan ce qu'il souhaitait véritablement : une majorité renforcée des deux tiers lui permettant de réviser ou de renouveler la Constitution par la seule voie parlementaire. Avec 326 députés au parlement, non seulement l'AKP ne pourra pas faire adopter une nouvelle Constitution par voie parlementaire, mais il n'aura même pas la faculté de rééditer ce qu'il a réussi, l'année dernière : obtenir le vote d'une loi constitutionnelle par 330 députés au moins, et la faire ratifier par référendum. Rappelons que le projet de «Constitution civile» remonte en fait aux élections législatives de 2007, mais qu'il s'est enlisé, au cours de la précédente législature, du fait de l'absence de majorité renforcée susceptible de le faire aboutir. Si l'AKP veut véritablement renouveler la Constitution turque, il faudra qu'il se trouve des alliés au sein de la nouvelle assemblée. L'expérience prouve que l'entreprise n'est pas aisée et qu'elle suppose que l'on soit prêt à faire des compromis. Recep Tayyip Erdoğan sera donc contraint à être plus modeste et plus conciliant dans ses projets de transformation du système politique turc. Frustrant quand on vient de gagner les élections avec un score de 50% !

(...)

Par Jean Marcou

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