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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité du Centre Jacques Berque - Rabat CJB : De Facebook au Boujloud : chroniques de l’Aïd 2011 à Casablanca…
Samedi, 03 Décembre 2011 00:33

CJB : De Facebook au Boujloud : chroniques de l’Aïd 2011 à Casablanca…

CJB : De Facebook au Boujloud : chroniques de l’Aïd 2011 à Casablanca…« Casa la belle, Casa la vide » titre l'édito signé Z. Bennouna sur le site made-in-Casablanca le mercredi 9 novembre 2011 : « Casa vide reprend tout son charme, un charme que l'on oublie dans la vie de tous les jours. La capitale est redevenue agréable le temps d'un week-end long ». Quelques heures plus tard, apparaît sur Facebook, ce 'statut' qui dit la même chose dans un style un peu différent, plus « facebookien » : « Pchaakh ! Casa wellat mboggssa ! makaynch z7aam, makaynch sdaa3 », c'est-à-dire, « Pch, pch ! Casa est devenue toute belle : plus de foule, plus de bruit ».

Permettez ici, à la linguiste, une digression sur l'origine du mot « mbogssa » qui demande peut-être une explication pour ceux qui ne sont pas familiers avec les parlers jeunes. Pardonnez le langage technique, mais il s'agit d'un participe actif formé sur le verbe de 5e forme « tboggess », lui-même formé à partir du substantif emprunté « bogoss », venant du français « beau gosse ». Eh oui !

Ce qui est remarquable, ce sont les dérivations auxquelles ce mot a donné lieu : « bogoss » a permis de créer un féminin (si, si !) : « bogossa » (une belle fille) ; puis le verbe dénominatif de 5e forme (formé à partir d'un substantif sur le schème tC1vC2C2vC3) « tboggess » (se faire beau/belle) et son masdar (nom verbal) « tbogessa », la beauté, qui peut devenir un compliment pour les deux sexes : « Tbogessa ! » (Quelle beauté ! Joli !).

On sait que les parlers jeunes voyagent des deux côtés de la Méditerranée, faisant des allers-retours dans les deux sens : « beau gosse » en français donne en darija « bogoss », qui invente le masdar « tbogessa ». Il revient en France au milieu des années 2000, avec ce néologisme, mot-valise, utilisé sinon inventé par Jamel Debbouze, la « bogossitude » et la « bogossité », avec le sens de : « l'état d'esprit des beaux gosses par rapport aux gens moins gâtés par la nature ». En français, le mot semble être restreint aux garçons et il est même entré dans les dictionnaires en ligne[1] :

(...)

Par Dominique Caubet

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