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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité de l'Ifea - Georges Dumézil - Istanbul Ifea/OVIPOT : Derrière la crise syrienne, la rivalité turco-iranienne…
Mardi, 13 Décembre 2011 12:13

Ifea/OVIPOT : Derrière la crise syrienne, la rivalité turco-iranienne…

Ifea/OVIPOT : Derrière la crise syrienne, la rivalité turco-iranienne…Alors que la journée de manifestations en Syrie du 8 décembre s'est soldée à nouveau par une quarantaine de morts, Ahmet Davutoğlu a mis Damas en garde. «La Turquie n'a pas envie de s'occuper des affaires intérieures de ses voisins, mais si une menace apparaît pour la sécurité régionale, elle ne pourra pas se payer le luxe de rester les bras croisés», a dit le chef de la diplomatie turque. Les dernières semaines ont donc permis d'observer une persistance de la position de la Turquie sur la crise syrienne. Le gouvernement turc dit en substance qu'une intervention extérieure n'est pas à l'ordre du jour, mais qu'en cas d'urgence ou de nécessité, il saura prendre ses responsabilités pour faire face à la situation. On sait que l'initiative turque la plus probable en la matière pourrait être la création d'une zone tampon à la frontière pour faire face à un afflux de réfugiés consécutivement à un accroissement de la répression ou à un basculement de la crise dans une véritable guerre civile (cf. notre édition du 23 novembre 2011). Les manifestations organisées jusqu'à présent ont conservé pour l'essentiel des objectifs pacifiques, mais l'on sait qu'une branche de l'opposition syrienne travaille désormais à la mise sur pied d'une résistance armée. L'agence de presse officielle syrienne a d'ailleurs récemment évoqué un accrochage à la frontière entre des troupes régulières et des éléments armés, appartenant à cette résistance naissante.

Pour l'heure, le gouvernement turc continue de stigmatiser le régime de Damas. Commentant l'interview récemment donnée par Bachar el-Assad à la chaine américaine CNN et au cours de laquelle le leader syrien avait démenti toute responsabilité dans les massacres qui sont perpétrés par ses forces de sécurité depuis mars dernier, Ahmet Davutoğlu l'a notamment mis au défi de démontrer sa bonne foi, en punissant les responsables de la répression. Toutefois, lors de la conférence du programme des Nations Unies de l'Alliance des civilisations qui se tenait à Doha, au Qatar, ce week-end, Recep Tayyip Erdoğan a voulu donner une autre dimension au soutien de la Turquie au printemps arabe. Alors qu'il n'avait pu honorer ce rendez-vous, en raison de l'opération qu'il a subie récemment et qui le tient toujours en retrait de la vie politique, il s'est pourtant adressé lui-même aux représentants des 130 pays participants, par un discours vidéo enregistré, qui l'a vu affirmer qu'il n'y aurait pas de paix et de stabilité au Moyen-Orient, tant que des dictatures réprimant leurs propres peuples y perdureraient. Mais ce message, qui vise la Syrie voisine, au premier chef, n'a pas empêché le chef du gouvernement turc de fustiger à nouveau Israël et le «terrorisme d'Etat» qui est, selon lui, l'autre fléau qui menace la sécurité de la région.

(...)

Par Jean Marcou

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