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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité du Cedej Cedej : Bernard Rougier : "Le salafisme rejette l'exercice de la raison dans l'interprétation des textes sacrés"
Mardi, 13 Décembre 2011 12:18

Cedej : Bernard Rougier : "Le salafisme rejette l'exercice de la raison dans l'interprétation des textes sacrés"

Cedej : "Le salafisme rejette l'exercice de la raison dans l'interprétation des textes sacrés"  Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Bernard Rougier : "Le salafisme rejette l'exercice de la raison dans l'interprétation des textes sacrés"Spécialiste du monde arabe et directeur du Centre d'Études et de Documentation Économiques, Juridiques et Sociales du Caire ( CEDEJ), Bernard Rougier a publié, en février 2011, L'Oumma en fragments, aux Presses universitaires de France (collection Proche-Orient, 256 pages). Interview par Laurent de Saint Périer dans Jeune Afrique, 12 décembre 2011.

Comment définissez-vous le salafisme ?

Les salaf, ce sont les ancêtres. Le salafisme c'est donc le retour à la communauté des premiers musulmans et aux deux sources de l'Islam : le Coran et la Sunna, récits des actes et des paroles du prophète Mohammed compilés dans des recueils de hadiths. Le salafisme moderne est lié à un courant de l'Islam qui remonte à la création de l'école juridique conservatrice d'Ibn Hanbal au IXe siècle. Au XVIIIe siècle, un hanbalite, Ibn Abd El-Wahab, fonde un courant littéraliste qui rejette l'exercice de la raison dans la lecture des textes sacrés, condamne le soufisme et le culte des saints. C'est le wahhabisme, doctrine officielle de la monarchie saoudienne.

 

Les salafistes considèrent que le message divin a été altéré et qu'il faut le restituer dans sa pureté. Ils ne se voient pas comme un courant de l'islam parmi d'autres mais comme les restituteurs de la vérité. Toutefois, personne ne peut dire comment les choses se passaient au VIIe siècle en Arabie. On peut donc considérer – mais ils ne sont pas du tout d'accord avec cette idée ! – qu'ils réinventent l'identité religieuse et qu'à travers cette prétention à revenir aux sources, ils cherchent à contrôler la définition de l'islam.

 

La mouvance salafiste est-elle uniforme ?

Il y a aujourd'hui plusieurs courants salafistes qu'on peut classer en deux grandes catégories : le salafisme conservateur et le salafisme djihadiste. Les conservateurs, majoritaires, prônent le respect du wali al-amr : le respect du pouvoir en place. Pour eux, mieux vaut conseiller le prince injuste que risquer la fitna, la guerre civile, ce qui explique, dans le cas de la révolution égyptienne de 2011, leur désapprobation initiale des manifestations. Au contraire, les djihadistes, qui étaient favorables à la chute de Moubarak, considèrent qu'en l'absence d'État musulman digne de ce nom, prononcer le djihad n'est plus le fait du prince mais celui du simple croyant.

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