Site réalisé par le pôle
de valorisation des Ifre

fmsh

Newsletter
Nom :
Courriel :
Pays :
Instit. :

Le réseau des Ifre sur facebookRejoingnez le réseau des Ifre sur Twitter
Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité de l'Ifea - Georges Dumézil - Istanbul Ifea/OVIPOT : 35 villageois kurdes tués par une frappe aérienne
Mardi, 03 Janvier 2012 16:54

Ifea/OVIPOT : 35 villageois kurdes tués par une frappe aérienne

Ifea/OVIPOT : 35 villageois kurdes tués par une frappe aérienne35 villageois kurdes ont été tués mercredi soir par des frappes aériennes de l'armée turque qui les aurait pris pour des rebelles du PKK. Ces villageois, originaires d'Uludere, une municipalité frontalière de la province de Şırnak, se trouvaient en territoire irakien au moment des faits, car ils faisaient de la contrebande, une pratique répandue dans cette région, et connue des autorités civiles et militaires turques. Les causes de ce drame sont encore mal établies. Ce dernier n'en constitue pas moins un événement sans précédent, car ce bilan très lourd de 35 morts est en réalité l'un des bilans journaliers de victimes civiles les plus élevés, depuis le début du mouvement armé de rébellion dans le sud-est de la Turquie, en 1984.

Les réactions officielles ont été prudentes dans un premier temps. Le vice-président de l'AKP, Hüseyin Çelik, s'est exprimé le lendemain, en reconnaissant que les victimes de ce raid n'étaient pas des rebelles du PKK, en présentant ses condoléances à leurs familles, en annonçant l'ouverture d'enquêtes, et en promettant que personne ne serait couvert dans cette affaire. L'état-major a expliqué qu'étaient visées en l'occurrence des voies habituelles de passage utilisées par le PKK, et il a fini par présenter lui aussi ses condoléances. Pourtant dès jeudi, le leader du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu s'interrogeait sur l'origine inexpliquée de cette tragédie, et appelait le gouvernement à présenter publiquement des excuses. Devant l'ampleur de l'émotion provoquée, alors même qu'avaient lieu les obsèques des victimes, ce vendredi, ce sont le premier ministre et le président de la République en personne qui sont intervenus afin d'essayer de ramener un peu de sérénité.

Qualifiant cette tragédie de «malheureuse» et de «triste», Recep Tayyip Erdoğan a d'abord cherché à répondre aux accusations très dures, formulées par certains organes de presse, notamment le quotidien Taraf, qui a titré vendredi : «L'Etat bombarde son propre peuple.» Le premier ministre a expliqué que «cela avait pu se produire dans le passé, mais que ce ne pouvait plus être le cas sous l'empire de son gouvernement.» Depuis sa création, à la fin de l'année 2007, on sait que Taraf a souvent dénoncé les erreurs ou les manipulations de l'armée dans la lutte qu'elle mène contre la rébellion kurde (cf. notre édition du 18 octobre 2008) . Les révélations fracassantes du quotidien libéral, en affaiblissement l'état-major, ont régulièrement fait le jeu du gouvernement de l'AKP. Or, au cours des deux dernières années, l'armée n'a cessé de reculer et de devoir se soumettre au pouvoir civil. C'est ce qui explique qu'aujourd'hui le gouvernement se retrouve aussi mis en cause au premier chef dans cette affaire.

(...)

Par Jean Marcou

Informations supplémentaires