- D'une part, il ne s'agit pas d'une loi mémorielle mais de combler une lacune du dispositif pénal français. Ce dernier réprime aujourd'hui la négation de l'un des deux génocides reconnus par la France, la Shoah, sans que cela ne soit le cas du génocide arménien, qualifié comme tel par une loi du 29 janvier 2001;
- D'autre part, ce texte ne vise personne, un esprit que le député UMP Renaud Muselier a résumé par « 3 ni »: ni contre la Turquie, ni communautaire, ni conjoncturelle. Une loi qui ne vise donc qu'à mettre sur un pied d'égalité le traitement juridique de la négation des deux génocides que reconnaît l'État français en dehors de tout contexte politique national ou international.
Or, cet argumentaire présente quelques problèmes. Soulignons tout d'abord qu'il existe des risques à faire ainsi écrire une version officielle du passé. L'a-t-on assez reproché à la Turquie, comme l'a fait Mme Boyer qui a appelé « nos amis Turcs à faire preuve de tolérance envers ceux qui ont une lecture différente de l'Histoire ». Le professeur d'histoire à l'université francophone de Galatasaray Ahmet Kuyaş reprend ce raisonnement pour s'opposer à la proposition de loi: « c'est une aberration, les assemblées n'ont pas à écrire l'Histoire ». Rejoint en cela par l'historien Pierre Nora, de l'Académie Française, qui parle d'une « loi liberticide » gelant en partie les possibilités d'enquête historique.
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Par Joseph Richard




Depuis début décembre 2011 les grands quotidiens turcs citent la France en des termes violemment critiques. Et la classe politique d'Ankara leur emboîte le pas, de manière unanime, ce qui est assez rare en Turquie. A l'origine de cela se trouve un texte de loi sur le génocide arménien de 1915, qui se trouve ne pas être le premier. Et peut-être pas le dernier.