Pour cette nouvelle année 2012, le CEDEJ a lui aussi engagé une véritable révolution. L'installation du CEDEJ dans le quartier de Mounira a fourni l'occasion d'une mise à plat complète de ses modes de fonctionnement, aussi bien sur un plan pratique que sur un plan intellectuel.
Sur un plan pratique, les travaux de rénovation accomplis au rez-de-chaussée ont été conçus pour offrir aux chercheurs et aux étudiants les meilleures conditions de travail possibles : bureaux modernes, Internet haut dé BIT, imprimantes performantes, possibilité d'accès 24h/24 grâce à la disposition d'une carte magnétique. Il s'agit pour le CEDEJ d'accompagner les changements qui transforment en profondeur les sociétés arabes en faisant le pari de l'avenir dans l'espoir d'attirer les jeunes chercheurs – égyptiens et étrangers – soucieux de se forger les outils de compréhension pour rendre intelligible les bouleversements en cours. Un espace de travail digne de ce nom viendra ainsi compléter l'indispensable immersion dans une société qui ne doit plus se penser exclusivement à la lumière des anciens paradigmes – même si ceux-ci n'ont pas nécessairement perdu toute leur force explicative.
L'immersion dans le réel doit, de manière symétrique, échapper au risque de la myopie, et un centre comme le CEDEJ ne peut fonctionner sans mémoire ni ressources bibliographiques. C'est la raison pour laquelle chacun pourra très prochainement consulter à distance, grâce à un moteur de recherches performant, le fonds de l'une des plus riches bibliothèques du Moyen-Orient en sciences sociales – composé de plus de 40.000 ouvrages en arabe, français et anglais. La gestion physique sera ainsi remplacée par une gestion numérique sur la base de laquelle les livres pourront être ultérieurement mis à la disposition de ceux qui en feront la demande.
Sur un plan intellectuel, le CEDEJ se remet au travail avec une nouvelle énergie. L'équipe du pôle gouvernance travaille à la rédaction d'un ouvrage collectif sur les premières élections libres en Egypte depuis les années 1950. Les résultats de cette recherche seront publiés au mois de mars de l'année en cours – l'importance de l'enjeu imposant dorénavant une très grande réactivité face à l'événement. Outre le travail qualitatif accompli sur le terrain par les chercheurs du CEDEJ, les données quantitatives établies en coopération avec le CAPMAS feront l'objet d'une analyse de sociologie électorale – discipline qui retrouve un réel intérêt scientifique avec l'avènement dans le monde arabe d'élections concurrentielles. Les données électorales pourront être croisées avec le corpus socio-économique exceptionnel que le pôle système d'information géographique (SIG), animé par Hala Bayoumi, a constitué sur la société égyptienne – trop longtemps négligé par les sciences sociales au sein de l'institution.
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Par Bernard Rougier, directeur du Cedej