Dans le contexte actuel de renouveau de l'attachement du Maroc à l'Afrique subsaharienne d'une part et, d'autre part, de forte recomposition des forces sociales qui font le jeu politique dans ces deux pays, l'étude d'une ressource aussi transversale que les voies soufis de l'islam, nous semble indispensable et stratégique. Le Maroc et le Sénégal restent interpellés par les usages des ressources de la baraka des saints, dans l'espace privé comme dans les arcanes des luttes de pouvoir. A une échelle plus large, l'analyse de cette situation échappe difficilement aux débats post 11 Septembre, notamment sur le rôle que jouerait le soufisme comme alternative face aux islamismes. Sans négliger ces différents aspects, au niveau global, notre programme de recherche veut aussi apporter des éclairages nouveaux sur les logiques de transformation des multiples usages et mésusages de la spiritualité dans le jeu politique local et de ses horizons. Au Sénégal, l'arrivée d'Abdoulaye Wade au pouvoir, en 2000, a laissé entendre, un moment, la fin de l'implication des confréries dans le jeu politique. La suite de sa mandature a plutôt donné à repenser moins une sortie que d'autres formes d'investissements de la sphère publique par la confrérie et surtout le même intérêt du politique pour les chefs communautaires confrériques. Au Maroc aussi, dans les mouvements politiques actuels, on remarque une présence inédite des mouvements soufis dans l'arène politique: le mouvement d'Al Adl, actif depuis les années 80, s'est imposé comme force déterminante dans le mouvement du 20 février pour le renouvèlement politique au Maroc; la confrérie de la Bouchichia, à son tour, a appelé ses adhérents à manifester en faveur de la nouvelle constitution. La frontière reste donc plus que jamais ténue entre mysticisme soufi et politique tout court, comme plusieurs études de terrain le montrent déjà au Maroc comme au Sénégal. L'étude comparée des panoramas politico-religieux actuels du Maroc et du Sénégal que nous voulons entreprendre, nous permettra de sonder le potentiel de révélateurs et de conducteurs de changements au niveau global et local des mutations contemporaines du soufisme.
Les propositions de contributions peuvent s'inscrire dans ces différents axes ou en explorer d'autres :
- Soufisme et genre (femmes, jeunes)
- Soufisme et engagements politiques
- Soufisme et pratiques socioreligieuses entre local et global
- Soufisme et migration
- Soufisme et questions sociales et économiques
- Soufisme et expressions culturelles, artistiques
- Soufisme et modernité
- Soufisme et enjeux sécuritaires post-11 septembre
Chronologie du programme de recherche
28 février 2012 : Date limite de soumission des résumés (1 page max)
30 Avril 2012 : Notification d'acceptation des résumés
31 Juillet 2012 : Date limite de réception des communications
05 & 06 Novembre 2012 : Dates du Colloque de 2 jours à Rabat – IEA
Ier Semestre 2013 : Edition et publication des actes
Formats et objectifs de l'atelier
Format de l'atelier
La proposition sortie de la réunion technique du 14 Septembre est la suivante : Privilégier un cadre intensif de débat, sur deux jours, autour de 15 communications. Sous ce rapport, la production de contributions à deux mains, voire trois est vivement souhaitée et devra être une caractéristique principale de notre travail.
Publication de synthèse
Aller vers une publication finale avec l'ensemble des 15 contributions révisées par leurs auteurs, à l'issue de l'atelier. Cette liste n'est pas fermée à l'arrivée d'autres chercheurs qui seraient intéressés par le projet d'édition.
Attendus scientifiques de l'Atelier
L'atelier souhaite être le cadre de lancement d'un réseau de chercheurs qui, dans la suite des journées, approfondiront aussi bien sur le plan théorique que sur le plan ethnographique, la documentation des termes et enjeux culturels, sociaux, transnationaux et politiques des mutations contemporaines du soufisme, à partir d'une approche pluridisciplinaire et comparative.
La dimension comparative pourra s'exercer, dans le temps et l'espace, dans la genèse et l'évolution des figures et groupes qui seront examinés aussi bien à l'intérieur des espaces nationaux que dans l'axe transnational Maroc/Sénégal.




Atelier international au Centre Jacques Berque les 8 et 9 novembre 2012