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Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité de l'Institut français du Proche-Orient Carnets de l'Ifpo : De retour de mission… Faïlaka au Koweït
Jeudi, 26 Janvier 2012 18:32

Carnets de l'Ifpo : De retour de mission… Faïlaka au Koweït

« Temple A » de la forteresse hellénistique. Au premier plan, l’autel. Photo Y. Guichard © DAMKuwait.L'île de Faïlaka, d'environ 7 km Nord-Sud × 12 km Est-Ouest, culmine à 8 m au-dessus des eaux moyennes du Golfe arabo-persique. Elle appartient à un archipel dont on aperçoit, depuis ses rivages, les îles de Miskan au Nord-Ouest et de Auhah au Sud-Est. Située à une vingtaine de kilomètres au Nord-Est de Koweït City, elle se trouve à proximité du Shatt El Arab, le débouché du confluent de l'Euphrate et du Tigre. Les deux fleuves, après avoir traversé l'Anatolie, la Syrie et la Mésopotamie, charrient dans les eaux du Golfe des alluvions qui se déploient en volutes beiges, s'enroulant autour des îles et s'accumulant contre les côtes dont, au fil du temps, elles ont pu modifier le profil.

Sa position, entre Méditerranée et Océan Indien, entre Mésopotamie, Iran et Inde, lui a très tôt conféré une situation privilégiée sur les routes commerciales et, combinée au trésor qu'elle recèle, l'eau douce, a entraîné le développement de centres de vie dont les archéologues ont retrouvé les vestiges, de l'âge du Bronze, au 2e millénaire av. J.-C., jusqu'à nos jours.

La mission archéologique franco-koweïtienne de Faïlaka ( IFPO-NCCAL) a mené ses travaux de terrain du 4 novembre au 13 décembre 2011. Les travaux se sont répartis sur les deux sites étudiés par la mission, la forteresse hellénistique d'Ikaros et Al Qusur.

La forteresse hellénistique

D'après les travaux antérieurs, elle aurait été fondée vers la fin du 3e siècle av. J.-C., par la volonté d'Antiochos 1er. Elle aurait connu trois principales phases d'existence jusqu'au 1er siècle av. J.-C. puis aurait disparu vers le 1er siècle ap. J.-C.

La forteresse prend la forme d'un quadrilatère d'une soixantaine de mètres de côté et se situe précisément à l'emplacement d'une source dont subsiste l'aménagement d'un puits. Puissamment fortifiée, elle reflète parfaitement le caractère militaire de ses fondateurs, soldats maîtrisant les techniques de guerre.

D'autres édifices, civils (principalement des habitations) et religieux, occupent l'espace intra-muros. Des deux temples connus, le « temple A » a rendu ce site célèbre : l'édifice, de 12 × 7 m de côté, ouvrant à l'Est face à son autel, est bâti selon un plan typiquement grec, partagé entre un pronaos et un naos, avec deux colonnes in antis. Cependant, l'ordre architectural suscite l'étonnement : si l'on s'en tient aux chapiteaux, c'est l'ordre ionique qui est représenté ; mais les bases, à feuilles tombantes, sont telles qu'on les connaît dans le palais de Persépolis, de style typiquement achéménide. On se trouve là face à un bijou architectural, reflétant la fusion des cultures grecque et orientale, à l'image du fondateur de la forteresse Antiochos 1er, lui-même fils de Séleucos le Macédonien et d'Apamée la Bactrienne, pratiquement un Gréco-Bactrien.

Faïlaka-Ikaros, au même titre que quelques autres grands sites, nous révèle la réalité des implantations grecques en Orient.

(...)

Par Mathilde Gelin

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