Le cas libanais nous incite ainsi à questionner la formation d'un "communauté imaginée" par l'État-nation, alors même qu'au Liban le système étatique entretient des patriotisme communautaires qui engendrent des altérités internes et des « intimités collectives à défendre ». La nation libanaise se situe dans les actualisations de ces multiples libanités produites par les appareils communautaires.
Si l'on se dégage d'une vision surplombanate du communautarisme politique pour s'immerger dans les « sociétés partisanes » où il se projette, s'élabore et se réinvente, on peut en mesurer les effets systémiques à partir de ses actualisations diffractées et singulières.
C'est l'un des objectifs de cet ouvrage qui explore la question du leadership au Liban et les liens qu'entretiennent les leaders politiques, mais aussi religieux, avec ces groupes de partisans qui forment comme des micro-sociétés. Les modes de formation ou de transmission de ces leaderships sont analysés ici en relation avec les contextes politiques et sociaux qui ont provoqué leur émergence, leur pérennisation ou leur déclin, tandis que leurs conditions de réception ont été explorées en relation avec les interactions entre partisans et leaders.




Franck Mermier et Sabrina Mervin (éds)