Site réalisé par le pôle
de valorisation des Ifre

fmsh

Newsletter
Nom :
Courriel :
Pays :
Instit. :

Le réseau des Ifre sur facebookRejoingnez le réseau des Ifre sur Twitter
Accueil Actualité Moyen-Orient Actualité du Centre Jacques Berque - Rabat CJB Edito du mois : Question de justice sociale
Mardi, 07 Février 2012 16:48

CJB Edito du mois : Question de justice sociale

CJB Edito du mois : Question de justice sociale, Par Saadia RadiCertes, le Maroc a enregistré des progrès notables attestés par les indicateurs socioéconomiques durant ces dernières années. En juin 2004, le remaniement ministériel a donné naissance à un département : le ministère du développement social, de la famille et de la solidarité dont la mission est de promouvoir la politique de développement social et de lutter contre la pauvreté. Il existe aussi un régime marocain de protection sociale qui assure les salariés des secteurs public et privé. Les Marocains sont fiers, lorsqu'ils parlent de toutes les réalisations de ces dernières années en matière de réseaux électriques, d'adduction d'eau et de routes. Tout cela ne cesse de se développer.

 

Mon but, ici, n'est pas de parler de ces réalisations ni des chiffres qui donnent l'impression qu'on a beaucoup fait même s'il reste beaucoup à faire. Je voudrais plutôt parler de ces personnes palpables qui vivent et qui respirent, mais qui n'ont rien, absolument rien. Ces personnes qui naissent dans la précarité, qui deviennent des adultes dans la précarité et puis des vieux toujours dans la précarité, des travailleurs pauvres devenant peu à peu des vieux encore plus pauvres. J'ai envie de parler de ces personnes qui n'ont jamais eu droit à rien même pas à un peu de dignité, ces personnes qui ont juste la dignité d'essayer de cacher leur misère. Ces personnes qui ne font même pas partie des chiffres. Plus grave que cela, qui ne rêvent même pas comme Rachida qui a commencé à travailler à l'âge de 13 ans, juste après la mort de son père : «tu te rends compte, ma préoccupation depuis la mort de mon père est d'avoir un peu d'argent pour nourrir ma famille et pour acheter les médicament à ma mère malade. Tu sais, lorsqu'on mangeait je me demandais est-ce qu'on va pouvoir manger demain ? Tu te rends compte je n'ai jamais vécu d'enfance ni d'adolescence comme toutes les filles, je n'ai jamais eu le temps de rêver d'amour».

 

On sait tous qu'il existe des familles entières dont aucun membre n'a un travail stable. Ce sont ces milliers de personnes dont la vie au quotidien dépend de l'humeur d'un petit patron ou d'une patronne. Ce sont ces personnes qui travaillent dur et qui n'ont ni salaire décent, ni indemnité de chômage ni protection sociale. En bref, ce sont des personnes qui ne sont absolument pas touchées par la grâce de tout ce qui se réalise actuellement. Elles restent à la marge.

On sait tous que ces personnes travaillent juste pour manger le peu qu'elles peuvent se permettre, et que leur survie et la survie de leur famille dépendent de leur santé. Dès qu'elles ont un problème de santé, le monde s'écroule : non seulement elles ne peuvent plus travailler pour assurer leurs besoins, mais elles ne peuvent plus se soigner parce qu'elles se trouvent devant un système médical défaillant et corrompu.

En général, cette catégorie de personne est désignée par le terme «précaire», mot qui veut dire instable et incertain. On a l'impression en entendant parler d'eux ou en lisant des rapports, qu'il faut juste mentionner leur existence sans se préoccuper de leurs conditions. Cette catégorie n'est pas seulement exclue par les politiques, mais elle est mise à la périphérie de la société bien qu'elle frappe au coeur de celle-ci.

(...)

Par Saâdia Radi

Informations supplémentaires