Enjeux et défis pour les villes africaines (Afrique du Sud, Kenya, Mozambique, Namibie, Nigeria)
Claire Benit-Gbaffou, Seyi Fabiyi et Elisabeth Peyroux (éds.)
Co-édition Karthala/ IFAS, décembre 2009, 468 pages
Collection : Hommes et Société : Histoire et GéographieISBN: 978-2-8111-0318-7
L'ouvrage sur le site de l'éditeur Karthala
Cette publication, sortie en français chez Ifas-Karthala, est le résultat d'un programme de recherche initié en 2003 par Philippe Guillaume (alors Directeur de l'Ifas-Recherche), qui s'était particulièrement intéressé aux fermetures de rues, à la cartographie sur SIG et aux recherches sur la sécurité au sein des quartiers de la classe moyenne.
Le projet a fait participer un certain nombre d'universitaires de France, du Nigeria, du Kenya et du Mozambique, ainsi que des chercheurs d'autres instituts de recherche français en Afrique (
IFRA Nairobi et
IFRA Ibadan). Le projet a ensuite été recentré pour mieux refléter les intérêts variés de recherche des participants : l'utilisation d'un SIG a pris moins d'importance, les fermetures de routes et de quartiers sont restées l'un des objets clés de la recherche, mais le projet a été recadré pour inclure les quartiers à faibles revenus ainsi que d'autres formes de réactions communautaires contre le crime (par exemple le vigilantisme et la police de quartier). Elle a également adopté une approche moins spatiale et plus sociopolitique par rapport à la sécurité et à la ville, vers une étude de la gouvernance sécuritaire. Ce programme de recherche a bénéficié du soutien continu de l'IFAS-Recherche, et a débouché sur un atelier qui s'est tenu à Ibadan (Nigeria) en 2005 et qui, aujourd'hui encore, continue d'inspirer nombre des chercheurs impliqués d'une manière ou d'une autre dans le projet.
Cette publication finale vise à documenter la gouvernance de la sécurité dans le contexte africain, en se basant sur les pratiques courantes plutôt que sur l'analyse des systèmes institutionnels de gouvernance, et en se basant sur des études des cas approfondies, principalement au niveau local. Elle vise également à vérifier et contester les théories du nord sur la gouvernance de la sécurité, en adoptant un point de vue africain.
La publication contient trois parties. La première porte sur le comment et le pourquoi de l'origine locale d'une initiative de sécurité spécifique, et sur la manière dont une telle initiative devient un 'modèle' circulant dans l'espace et le temps, à des échelles différentes (pourquoi, par exemple, les fermetures de rues sont-elles plus importantes à Johannesburg qu'au Cap?). La deuxième partie analyse la manière dont les dispositifs de sécurité locale sont producteurs d'exclusions et d'inclusions, sur la base des pratiques principalement spatiales et sociales des agents ; elle questionne les effets de ces pratiques aux différentes échelles de la ville (notamment celles du quartier et de la métropole). Enfin, la troisième partie examine la manière dont la prolifération des initiatives de sécurité locales et des agents de sécurité (initiatives communautaires et compagnies de sécurité) remet en question l'Etat et sa capacité à gouverner la ville.