Au regard de l'ouverture aux personnes étrangères, de l'ouverture aux migrations internationales, le Japon se trouve dans une position assez éloignée de la moyenne mondiale, assez éloignée de la moyenne des pays à haut niveau de développement humain, de celle des pays de l'OCDE qui sont de ce groupe et donc des principaux pays industrialisés : le Japon est éloigné des Etats-Unis, de la France, du Royaume Uni et de l'Allemagne...il est en revanche moins en retard voire en avance à certains égards vis à vis de la Corée du Sud. Quelques tableaux statistiques officiels récents montrent que le Japon fait partie des pays les plus fermés en considération des flux entrants – et sortants- et des flux d'étrangers obtenant la nationalité du pays d'accueil.
En outre on doit constater, d'une part, que parmi les populations étrangères qui sont accueillies, certaines n'ont toujours pas obtenu, après des dizaines d'années de présence, la nationalité japonaise. D'autre part, d'autres populations, installées sur le territoire japonais et qui ont officiellement la citoyenneté japonaise, partagent avec les précédentes un traitement discriminé de la part des pouvoirs publics, discrimination qui perdure malgré des mouvements de soutien dans la société civile et des recherches universitaires qui les documentent ; cette permanence peut laisser penser à une certaine indifférence si ce n'est à une certaine acceptation de cet état de fait la part de l'opinion du grand public. Le Japon n'a ratifié que tardivement certains accords internationaux dont il n'appliquait pas les dispositions concernant les droits de ces populations, étrangères ou minoritaires.




par Marc Humbert (Directeur de l'Umifre 19, Maison franco-japonaise)