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Accueil Actualité Asie Actualité de l'Irasec - Bangkok Parution Irasec : Évolution du rôle du yuan en Asie orientale
Mardi, 03 Mai 2011 11:54

Parution Irasec : Évolution du rôle du yuan en Asie orientale

Évolution du rôle du yuan en Asie orientale - Notes de l'Irasec 11 - 2011

Catherine Figuière et Laëtitia Guilhot

Évolution du rôle du yuan en Asie orientale. La guerre des monnaies aura-t-elle lieu ?

Les Notes de l' IRASEC n°11, Bangkok, 2011, en français, 25 p.

La crise qui commence en août 2007 aux États-Unis et qui se diffuse en Europe à l'automne 2008, puis en Asie à partir de l'hiver 2008-2009, remet sur le devant de la scène la question de l'intégration monétaire en Asie comme un moyen pour mieux lutter contre les chocs, qu'ils soient endogènes, comme en 1997, ou exogènes, comme en 2008. C'est précisément la crise de 1997 qui avait incité les pays de l'Asean + 3, à entamer un processus de coopération institutionnelle dans le domaine monétaire et financier visant à accompagner une régionalisation de facto déjà bien avancée (Figuière et Guilhot, 2010). Cette nouvelle crise marque-t-elle le début d'une « guerre des monnaies » en Asie, ou, au contraire, va-t-elle inciter les États de la zone à approfondir leur
coopération en matière de taux de change ?

Pour poser les termes du débat sur l'avenir monétaire de l'Asie orientale, en général, et sur le rôle du yuan, en particulier – étant donné la place de la Chine dans l'économie régionale et mondiale – il faut comme la crise actuelle nous y oblige, réfléchir en termes de scénarios. En effet, les travaux régulationnistes ont largement mis en évidence que les périodes dites de « grandes crises » correspondent à des phases d'incertitudes structurelles au cours desquelles des éléments anciens et nouveaux se combinent, avant que n'émerge la combinaison caractéristique de la phase suivante de stabilité structurelle et, donc, de croissance. Au niveau global, deux hypothèses émergent actuellement : très schématiquement, soit « l'étalon dollar » se maintient, soit un « polycentrisme monétaire » se met progressivement en place (Aglietta, 2010a). Les créations d'un « Fonds monétaire asiatique » en mars 2010 et du Fonds européen de stabilité financière deux mois plus tard, peuvent être lues comme des arguments en faveur de cette seconde hypothèse, alors que le retour de la Chine à un ancrage dollar en juillet 2008 peut au contraire faire abonder dans le sens de la première. Néanmoins, la politique de change de la Chine fait l'objet de revirements fréquents comme l'a montré l'annonce faite, à la veille du sommet du G20 (26-27 juin 2010 à Toronto), d'un retour à une certaine flexibilité du taux de change du yuan.

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