Pour poser les termes du débat sur l'avenir monétaire de l'Asie orientale, en général, et sur le rôle du yuan, en particulier – étant donné la place de la Chine dans l'économie régionale et mondiale – il faut comme la crise actuelle nous y oblige, réfléchir en termes de scénarios. En effet, les travaux régulationnistes ont largement mis en évidence que les périodes dites de « grandes crises » correspondent à des phases d'incertitudes structurelles au cours desquelles des éléments anciens et nouveaux se combinent, avant que n'émerge la combinaison caractéristique de la phase suivante de stabilité structurelle et, donc, de croissance. Au niveau global, deux hypothèses émergent actuellement : très schématiquement, soit « l'étalon dollar » se maintient, soit un « polycentrisme monétaire » se met progressivement en place (Aglietta, 2010a). Les créations d'un « Fonds monétaire asiatique » en mars 2010 et du Fonds européen de stabilité financière deux mois plus tard, peuvent être lues comme des arguments en faveur de cette seconde hypothèse, alors que le retour de la Chine à un ancrage dollar en juillet 2008 peut au contraire faire abonder dans le sens de la première. Néanmoins, la politique de change de la Chine fait l'objet de revirements fréquents comme l'a montré l'annonce faite, à la veille du sommet du G20 (26-27 juin 2010 à Toronto), d'un retour à une certaine flexibilité du taux de change du yuan.
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