Une même fluidité a d'ailleurs marqué la composition de l'IFHA, en particulier son recrutement : ce sont désormais neuf personnes qui vont vibrer cet institut, le nombre de chercheurs ayant été accru en même temps que celui des chargés de mission culturelle. Il est vrai que, par-delà cette augmentation globale, l'année universitaire en cours aura été marquée également par son lot de départs et d'arrivées. En particulier, notre équipe a vu partir avec tristesse, à l'été 2010, Éloïse Adde et Axelle Chassagnette, qui ont été toutes deux boursières et doctorantes en nos murs ; l'une et l'autre ont non seulement terminé leur thèse à l'IFHA, mais ont également fait profiter celui-ci de leurs compétences intellectuelles et culturelles, de leur enthousiasme et de leur esprit critique. Par ailleurs, lorsque nos lecteurs liront ces lignes, une autre vague de départs sera proche, puisqu'une grande part de notre équipe arrivera au terme de son mandat à l'été 2011 : ce sera le cas de Marion Deschamp, de Guillaume Garner et de moi-même. C'est d'ailleurs l'occasion pour moi de remercier tous ceux qui ont rendu mon travail possible dans les quatre années écoulées. Il s'agit là du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes, qui a accordé à l'IFHA un soutien sans faille ; il s'agit également de notre conseil scientifique qui, avec une autorité teinte de complicité, a su orienter, défendre et faire grandir notre institut ; il s'agit enfin de nos partenaires scientifiques, qui incluent des centres de recherche trop nombreux pour être mentionnés ici, mais aussi tous nos lecteurs. Tous ces curieux d'histoire, par l'intérêt fidèle qu'ils ont porté à nos activités, par leur appui dans les moments d'hésitation, mais surtout par les impulsions décisives qu'ils ont données à nos activités, ont constitué le nerf de notre guerre. À l'heure actuelle, ceux qui vont quitter IFHA ignorent encore le nom de leurs successeurs, mais ils partent dans l'assurance que ces derniers, épaulés par de tels partenaires, pourront à leur tour conduire l'IFHA vers des résultats fructueux.
Cette fluidité permanente n'empêche pas la stabilité des activités, et le lecteur pourra aisément s'en convaincre en découvrant les pages qui suivent. Celles-ci présentent en effet les travaux de l'institut, et on pourra constater notamment l'ampleur inédite des manifestations scientifiques. Ce numéro présente également un bilan institutionnel et historiographique à propos des tendances récentes de la recherche en Allemagne ou dans les pays qui ont été concernés par l'influence germanique. Une section spécifique est consacrée à des recherches originales. Enfin, les familiers de notre revue y retrouveront la traditionnelle librairie allemande, qui recense les publications allemandes récentes à propos des mêmes thématiques, et dont le succès se manifeste non seulement par sa croissance ininterrompue d'une année à l'autre, mais également par le satisfecit que nous adressent nos lecteurs à ce propos. Il est vrai que ces facteurs de constance ne s'opposent pas à l'innovation. On pourra ainsi constater que ce numéro se consacre, plus que les précédents, à l'histoire politique et économique (signe des temps ?) ; qu'il donne plus de place aux non-historiens, en particulier aux philosophes, aux politologues et aux germanistes ; et qu'il met désormais en lumière la fluidité des évolutions humaines plutôt que la stabilité du temps long. On le voit : nous vivons en des temps liquides, mais l'IFHA garde le cap.Thomas Lienhard, septembre 2010
Extrait de la table des matières : Contributions originales
- L'aigle : évolution d'un symbole en Allemagne et en Pologne. Le cadre de la recherche : les lieux de mémoire germano-polonais (Damien Thiriet)
- L'histoire globale en Allemagne (Matthias Middell, Katja Naumann)




Ifha, Francfort, 528 p., 2010