A travers la prise en considération de signes extérieurs de supériorité (biens de prestige tels que parures, résidences, véhicules voire mets raffinés), de signes incorporés (aisance, manières distinguées, apparence physique sophistiquée, maîtrise du langage, bagage culturel), mais également de l'affichage de la distinction via l'entourage (époux, enfants, maîtresses, autres élites, serviteurs, artistes) dans de nombreux contextes, il est souligné que la plupart des modèles d'interprétations ont leurs mérites et leurs limites. Contrairement à ce que tendent à avancer les tenants de telle ou telle école de pensée, il est difficile de conclure que certaines théories seraient dépassées par d'autres. L'analyse de nombreux clivages (comme la distinction par la profusion ou la sophistication, la possession d'objets anciens ou relevant de la toute dernière mode) conduit plutôt à estimer qu'il est pertinent de mobiliser les grilles de lecture existantes, et leurs concepts, de manière non dogmatique. Elles ne doivent pas être considérées comme des clés qui permettraient d'ouvrir toutes les portes, mais bien comme des outils plus ou moins appropriés à l'étude des modalités de distinction élitiste dans les sociétés anciennes ou contemporaines à travers le monde.
Jean-Pascal Daloz est Directeur de Recherche au CNRS. Il a rejoint l'équipe de la Maison Française d'Oxford en 2007. Au début de sa carrière, il a été chargé d'instituts français de recherche au Nigeria, puis en Afrique australe. Il est également Professeur à l'Université d'Oslo et Président du Comité des recherches comparatives de l'Association Internationale de Sociologie. Il a publié une douzaine d'ouvrages à ce jour.




