Titulaire d'une Habilitation à Diriger les Recherches obtenue à l'université de Paris I en 2003 sous la conduite de Claude Gauvard sur les politiques d'information et de communication des villes allemandes à la fin du Moyen Age, il est nommé professeur d'histoire médiévale à l'université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines puis directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en 2005 (Direction d'études intitulée « Histoire des pays germaniques, histoire des sociétés urbaines au Moyen Age ») : il y est rattaché au Groupe d'Anthropologie Historique de l'Occident Médiéval (GAHOM, Centre de Recherches Historiques, UMR 8558). De 2007 à 2011 il a été Vice-Président puis Président de l'Université Franco-Allemande (Sarrebruck) et il dirige depuis le 1er septembre 2011 l'Institut français d'histoire en Allemagne. Il est également l'ordonnateur des finances de l'Ifha, ainsi que le directeur de la publication de la Revue de cet institut.
Champs de recherche et projets scientifiques en cours
1/ La première direction correspond à l'un des trois axes de recherche proposés dans le cadre d'un projet blanc financé par l' ANR depuis novembre 2006 et intitulé « Une culture du Livre dans une société d'illettrés. Parler, figurer, écrire dans l'Europe médiévale » établi au GAHOM sous la coordination de Jean-Claude Schmitt. Cet axe est consacré à une forme particulière d'écriture qui est celle des souverains sous une forme autobiographique. L'enquête menée est internationale, interdisciplinaire et transpériodique puisqu'elle entend comparer les écrits personnels de rois et d'empereurs de l'antiquité aux Temps Modernes, tant en Occident qu'en Orient. A/ Le premier élément de l'enquête a consisté dans la préparation au cours d'un séminaire ouvert en 2005-2006 d'une traduction en français de la Vita autobiographique de l'empereur Charles IV de Bohême. La Vita rédigée en latin (sans doute vers 1350) par le roi de Bohême, roi des Romains et empereur germanique Charles IV de Luxembourg est l'une des très rares paroles de soi écrites par un roi au Moyen Age. Ce texte, disponible dans plusieurs éditions et traductions allemande, anglaise et tchèque, n'avait encore jamais fait l'objet d'une traduction complète en français. La traduction a pour but d'élaborer une version accessible et scientifique afin de favoriser la connaissance d'un document exceptionnel qui intéresse l'histoire européenne du XIVe siècle dans son ensemble : royaume de France (puisque Charles IV fut élevé à la cour du capétien Charles IV), duché de Luxembourg, royaume de Bohême, terres de Moravie et de Silésie, Saint Empire, Italie... En dehors du contexte territorial et politique qui croise la Guerre de Cent Ans, la Peste, les débuts du Schisme pontifical, la Vita permet également d'aborder des questions relevant de l'histoire culturelle telles que l'écriture « autobiographique » au Moyen Age, la propagande politique, les songes, la politique de cour (Prague), le portrait... Une étude des illustrations des manuscrits conservés de la Vita permet aussi d'analyser le rapport entre texte et image. Le manuscrit a été rendu et est paru aux éditions des Belles Lettres, à Paris, à l'automne 2010.
B/ Le deuxième élément du projet a consisté dans l'organisation en 2006-2007 d'un séminaire dédié à l'étude d'autres textes « autobiographiques » rédigés par des souverains depuis l'antiquité jusqu'aux XVIIe-XVIIIe siècles dans une approche comparée dans le temps et dans l'espace. En effet, en dehors de l'Occident où l'on retrouvera aussi bien les Res gestae d'Auguste que le livre de Jacques Ier d'Aragon et de Pierre le Cérémonieux, ou les œuvres de Charles IV de Bohême, les notices et écrits de Frédéric III, Maximilien Ier... ou même ceux de Gustave-Adolphe de Suède, d'Edouard VI d'Angleterre ou de Catherine II de Russie ; d'autres documents de cette nature mais produits dans des contextes culturels, religieux et géographiques différents peuvent être convoqués : « (auto)biographies » d'empereurs chinois (Quianlong, 1736-1796), mémoires d'Abdallah (Grenade, XIe siècle), Mémoires d'Usama (Syrie, XIIe siècle), écrits de Jean VI Cantacuzène (1347-1354), du grand Moghol Babur (mort en 1530)... Les autobiographies fictives seront également examinées, telles celle de l'empereur chinois Kangxi (1662-1723), ou bien celle du roi-imposteur Giannino Baglioni, alias Jean Ier le Posthume roi de France... Cette vaste comparaison a fait l'objet d'un colloque international organisé à Paris les 14 et 15 mars 2008, dont les actes sont réunis, revus et rendus pour publication aux Publications de la Sorbonne au milieu de l'année 2011.
2/ L'autre direction d'études correspond au thème du séminaire que j'anime depuis 2006 sur l'histoire des sociétés urbaines et des territoires dans l'Empire de la fin du Moyen Age. Au cours des processus culturels, sociaux et politiques étudiés se situe un texte fondamental, matrice ou maître-récit de l'Allemagne pré-moderne et moderne : la Bulle d'Or de 1356 qui organise l'élection du roi des Romains. La recherche entend offrir à terme une publication de ce texte en français, le plus ancien écrit organisant une succession royale en Occident, accompagné d'une étude sur sa dimension européenne (la monarchie élective) et sur les rejeux de la mémoire de cette « constitution » à travers les différentes époques de l'histoire allemande qui en a donné une lecture tantôt princière, royale, impériale, fédéraliste, constitutionaliste, nationale, romantique... jusqu'au XXe siècle. Un projet de livre à paraître aux PUF est prévu pour rassembler cette histoire et ces mémoires d'un texte impérial, allemand et européen de longue durée.
Principaux ouvrages
Ouvrages
Pierre MONNET, Les Rohrbach de Francfort. Pouvoirs, affaires et parenté à l’aube de la Renaissance, Genève, Droz, 1997 (Travaux d’Humanisme et de Renaissance, 317).
Pierre MONNET, Villes d’Allemagne au Moyen Age, Paris, Picard, 2004.
Avec Jean-Claude SCHMITT (trad., éd., prés.), La Vita de Charles IV de Bohème (1316-1378), Paris, Belles Lettres, 2010.






Pierre Monnet prend ses fonctions de directeur de l'Institut français d'histoire en Allemagne en septembre 2011. Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure (Ulm, 1984-1988) et agrégé d'histoire (1987), il soutient une thèse à l'