Le décloisonnement de certains milieux artistiques, l'élargissement de leur espace de diffusion et la marchandisation de leur production ont des effets importants sur le renouvellement des formes d'expression artistique, sur leur hiérarchisation, sur les modes de consécration ou d'institutionnalisation des artistes.
Ce numéro veut rendre compte des conditions et processus d'apparition d'un marché de l'art dans ces pays, de leur positionnement sur les plans régional et international, et des conséquences de leur participation à l'économie artistique mondiale sur la création et le statut de l'artiste.
La dimension contestataire de nouveaux régimes d'expressivité peut en effet, selon les contextes, être un atout ou un écueil pour l'accès à ces nouveaux marchés de l'art. Elle est souvent privilégiée par une certaine critique occidentale qui érige les artistes « exotiques » en porte-paroles ou en témoins de leur société. Les modes de réception et d'interprétation des oeuvres ont souvent un caractère politique qui, sous couvert d'universalisation de la modernité artistique, perpétue un exotisme reproduisant le grand partage entre eux et nous.
Il conviendra ainsi d'envisager la part respective des artistes et des différents acteurs et experts des mondes de l'art dans la mise en place de cette nouvelle configuration. D'observer les circulations qui se développent entre foyers de création, en particulier par l'intermédiaire des artistes de la diaspora, et d'examiner les nouvelles hiérarchies qui se dessinent sur le plan mondial. De vérifier la réalité du « multiculturalisme » du monde de l'art contemporain et de ses imaginaires, notamment à travers certaines figures d'artistes devenus icônes d'un métissage post-moderne.
Différents exemples de places marchandes naissantes, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs, pourront être retenus pour examiner ces questions.




