Cjb Edito: Entre taux d’audience et pressions nationalistes, le grand écart de TV2M
On ne compte plus les articles, éditoriaux, photos de première ou dernière page publiés depuis une quinzaine de jour, dans la presse tant francophone qu'arabophone, à propos des nouveaux cahiers des charges des télévisions marocaines et, tout particulièrement, de TV2M et d'Awla. Ces cahiers, qui avaient été approuvés par le CSCA (Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuel), le 29 mars 2012, n'ont pas encore été publiés au Bulletin officiel et sont aujourd'hui en discussion au Parlement. Ils ont soulevé de vives protestations de la part, en particulier, des principaux dirigeants de TV2M (Faysal Laâraïchi, PDG de la SNRT, Salim Cheikh, directeur de 2M, et Samira Sitaïl, la très controversée directrice de l'information à 2M) s'exprimant dans la presse ou dans les radios. Cette posture a provoqué à son tour les critiques non seulement des partisans du PJD, mais aussi d'une partie de la gauche (comme Taoufik Bouachrine, directeur du journal Akhbar al-Yom) pointant un système audiovisuel déconsidéré par son manque d'indépendance politique et la faiblesse voir l'inanité de son contenu.
Parution CJB: S'il te plaît, dessine-moi une institution
Par Virginie Touney
ISBN: 978-2-35815-068-2
S'il te plaît dessine-moi une institution est une conversation imaginaire entre une sociologue des institutions et un spécialiste de physique théorique. Cette pièce politique met en scène une discussion sur les manières d'appréhender les phénomènes institutionnels.
CJB Edito du mois : Question de justice sociale
Certes, le Maroc a enregistré des progrès notables attestés par les indicateurs socioéconomiques durant ces dernières années. En juin 2004, le remaniement ministériel a donné naissance à un département : le ministère du développement social, de la famille et de la solidarité dont la mission est de promouvoir la politique de développement social et de lutter contre la pauvreté. Il existe aussi un régime marocain de protection sociale qui assure les salariés des secteurs public et privé. Les Marocains sont fiers, lorsqu'ils parlent de toutes les réalisations de ces dernières années en matière de réseaux électriques, d'adduction d'eau et de routes. Tout cela ne cesse de se développer.
CJB Edito : Téléphone, identification et vie privée...
Le plan d'identification des abonnés mobiles lancé par l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) s'est d'abord fait connaître au travers de rumeurs inquiétantes pour certains. Tout détenteur d'une carte SIM se doit d'être identifié !! Et les utilisateurs de s'interroger : Ai-je acheté ma puce en fournissant ma pièce d'identité ? Peuvent-ils couper ma ligne de téléphone ? Comment ferai-je en cas d'urgence ? Et si je perdais mon répertoire de contacts ? Quel délai a-t-on ?
Jusque là toute personne souhaitant se procurer une puce de téléphone au Maroc pouvait se rendre dans l'agence officielle de l'un des opérateurs. Comme le dit ce participant à un forum de discussion sur Internet, « des fois, on peut en trouver en vente dans la rue et même dans les souks hebdomadaires [...]. Dans ce cas-là, aucun justificatif n'est demandé. Il arrive aussi que certains vendeurs agréés n'en demandent pas »[1]. Si un document d'identité était demandé par certains opérateurs, cela n'était pas systématique.
CJB : Soufisme au Maroc : chronique d’un air de printemps
Le soufisme au Maroc fait, aujourd'hui, l'objet d'une grande exposition médiatique, au point qu'on est tenté d'en parler comme d'un phénomène de société. On en parle comme d'un « retour », pourtant il n'a jamais vraiment disparu de la scène. A ce titre, il est plus juste de parler d'une forme de présence inédite, dans des lieux et à travers des discours qui renouvellent les regards à son égard. Cette conjoncture trouve en arrière-plan une volonté politique plus ou moins dite, ou plus ou moins suggérée, de faire de cette forme particulière d'islam un cheval de bataille dans la reconfiguration de l'identité religieuse marocaine. L'objectif – mais non le seul – serait de contrer la diffusion d'islamismes « étrangers ». De fait, le soufisme recouvre une variété de fonctions et de ressources stratégiques de gouvernance et de promotion d'une modernité politique au Maroc.
Parution CJB : La transition marocaine après le printemps arabe et la nouvelle Constitution
Bernard Cubertafond
Rabat (Maroc), Les Etudes et Essais du Centre Jacques Berque, n° 5, novembre 2011, 11 p.
La transition, commencée en 1990, ne remet pas en cause la primauté royale et une forme de despotisme éclairé. Toutefois, la nouvelle Constitution prend en compte de multiples aspirations et élargit les possibilités démocratiques (démocratie parlementaire, des droits, et, dans une moindre mesure, participative). Si les problèmes sociaux étaient mieux maîtrisés et si les acteurs (roi, partis, citoyens, justiciables, magistrats, etc.) jouaient le jeu, une forme baroque de démocratie pourrait s'établir.
Parution CJB : La démocratisation au Maroc (9 mars 2011 – 1er juillet 2011)
Mickaël Vogel
Etudes et Essais, n°7, novembre 2011, 73 p.
Le Maroc, malgré ses apparences de relative paix sociale et consensus politique, n'a pas été épargné par la vague des révolutions arabes du printemps 2011. Lancé par le mouvement du 20 février, le mouvement de contestation a agité, et agite toujours, la scène politique et sociale marocaine. Dès le 9 mars 2011, le roi Mohammed VI annonce une réforme constitutionnelle de grande ampleur en réponse à la contestation populaire, réforme qui est élaborée par une Commission ad hoc, sur la base des mémorandums des partis politiques et de la société civile. Le processus de réforme reçoit les critiques de nombreux acteurs politiques et de la société civile, de part la vitesse avec laquelle il est entrepris, et le manque de crédibilité dont il bénéficie. Le 17 juin, le projet de Constitution est rendu public et le roi Mohammed VI annonce le référendum constitutionnel du 1er juillet. La nouvelle Constitution contient des avancées notables et un potentiel démocratique qui pourrait, à terme, consacrer une monarchie parlementaire marocaine. Cependant, le mouvement du 20 février dénonce une Constitution octroyée, qui maintient une architecture des pouvoirs identiques au texte de 1996, consacrant la main mise du Palais sur le jeu politique du Royaume. La popularité du texte, en revanche, ne fait aucun doute, et le scrutin référendaire du 1er juillet entérine le projet constitutionnel par plus de 98% de voix et près de 74% de participation, des scores qui jettent le doute sur de possibles fraudes durant le scrutin, après une campagne référendaire qui a connu plusieurs pratiques dangereuses voire illégales.
CJB : De Facebook au Boujloud : chroniques de l’Aïd 2011 à Casablanca…
« Casa la belle, Casa la vide » titre l'édito signé Z. Bennouna sur le site made-in-Casablanca le mercredi 9 novembre 2011 : « Casa vide reprend tout son charme, un charme que l'on oublie dans la vie de tous les jours. La capitale est redevenue agréable le temps d'un week-end long ». Quelques heures plus tard, apparaît sur Facebook, ce 'statut' qui dit la même chose dans un style un peu différent, plus « facebookien » : « Pchaakh ! Casa wellat mboggssa ! makaynch z7aam, makaynch sdaa3 », c'est-à-dire, « Pch, pch ! Casa est devenue toute belle : plus de foule, plus de bruit ».
Permettez ici, à la linguiste, une digression sur l'origine du mot « mbogssa » qui demande peut-être une explication pour ceux qui ne sont pas familiers avec les parlers jeunes. Pardonnez le langage technique, mais il s'agit d'un participe actif formé sur le verbe de 5e forme « tboggess », lui-même formé à partir du substantif emprunté « bogoss », venant du français « beau gosse ». Eh oui !
CJB : L’énigme algérienne. Entre conscience et inquiétudes
L'année 2011 s'achève avec la chute de trois régimes autoritaires laissant encore des régions du monde arabe et musulman en proie à la contestation, l'instabilité et la violence. Dans cette configuration, l'Algérie demeure une énigme. Ce pays est, sans aucun doute, l'un des rares du Maghreb et du Moyen-Orient à avoir expérimenté, ces trois dernières décennies, la contestation sociale et politique (et, cela, bien avant les bouleversements qui ont marqué le début de l'année 2011, ce qu'on a appelé romantiquement le Printemps arabe). Ces dernières années, le recours systématique à la rue a traduit ce besoin de se faire entendre par tous les moyens des autorités politiques. Emeutes de la mal-vie, de la pauvreté et des horizons bouchés, tous les maux de la société sont scandés par une jeunesse algérienne en panne d'espoir.
Parution CJB : Adjudication in Action. An Ethnomethodology of Law, Morality and Justice
Baudouin Dupret
Ashgate Publishing Limited, avec le soutien du CJB, 2011, 384 p.
Collection Directions in Ethnomethodology and Conversation Analysis
ISBN-13 : 978-1409431503
Adjudication in Action describes the moral dimension of judicial activities and the judicial approach to questions of morality, observing the contextualized deployment of various practices and the activities of diverse people who, in different capacities, find themselves involved with institutional judicial space. Exploring the manner in which the enactment of the law is morally accomplished, and how practical, legal cognition mediates and modulates the treatment of cases dealing with sexual morality, this book offers a rich, praxeological study that engages with 'living' law as it unfolds in action.
