Ifea/OVIPOT: Réactivation du débat sur la présidentialisation du régime politique turc
Alors que le parlement s'est lancé, le 8 mai dernier, dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution, le débat sur la présidentialisation du régime politique turc vient de rebondir. La Commission de réconciliation, qui représente de façon paritaire les 4 formations disposant de groupes parlementaires, au sein de la Grande Assemblée Nationale de Turquie (AKP, CHP, MHP et BDP), s'est attaquée cette semaine à la rédaction du chapitre de la Constitution, consacré aux droits et libertés. Ce travail est fondamental, car il conditionne l'amélioration de l'État de droit en Turquie, et l'avènement d'une nouvelle citoyenneté qui pourrait favoriser la résolution de la question kurde. Pourtant, ce sont des problèmes plus institutionnels et politiques, qui tendent, ces derniers jours, à refaire surface.
Carnet de l'Irmc: Les fondements socio-historiques de la production du leadership politique en Libye
Même si je vais parler un peu du passé, mon but est d'essayer de donner des bribes de réponse à des questions actuelles, d'aujourd'hui même. L'une de ces questions est la suivante : comment peut-on expliquer le fait que contrairement à Ben Ali et à Moubarak le pouvoir de Kadhafi n'ait pas encore complètement basculé malgré la révolte presque générale contre son régime, surtout au début, et le nombre de morts ainsi que les grands dégâts qu'ont provoqués les évènements récents dans le pays ?
Parution Irasec: Heroes and revolution in Vietnam
Benoît de Tréglodé, translated by Claire Duiker
National University of Singapore Press (NUS Press)/ IRASEC, 2012, 244 pages
ISBN: 9 78-9971-69-5545
On the eve of the war against the South Vietnamese regime in 1964, the communist party strove to carve out a new productivist and political elite from the towns and villages of the country. According to a categorization of patriotic exemplarity devised by Ho Chi Minh, "avant-garde workers," "exemplary soldiers" and "new heroes" would fill the ranks of a "new model society," one in which political virtue would serve as the principle to mobilize the masses.
Ifea/OVIPOT: Nouvelle passe d’armes entre le gouvernement et la TÜSIAD
Le gouvernement et des ténors de l'AKP viennent de réagir aux critiques récemment formulées par la TÜSİAD (Türk Sanayacileri ve İş Adamları Derneği, l'Association des industriels et hommes d'affaires turcs) et des personnalités turques du monde des affaires, à l'encontre de ses projets éducatifs. Le parlement examine en effet actuellement un projet de loi visant à réorganiser l'éducation primaire et secondaire turque. Basé sur un cursus ininterrompu et obligatoire de 8 ans, l'ancien système serait remplacé par 3 cycles de 4 ans, qui permettrait désormais aux familles, dès le second cycle, d'orienter leurs enfants vers des filières d'enseignement professionnel.
Ifea/OVIPOT: Nouvel imbroglio au sein du CHP
Le CHP fait de nouveau face à de sérieuses divisions, qui entravent son bon fonctionnement et ses espoirs de renouveau. Confrontée à une fronde intestine, la formation kémaliste risque en effet d'être amenée à tenir deux congrès, l'un le 26 février, à l'appel de la direction du parti, et l'autre le lendemain, convoqué par une partie de son opposition interne. Mais le pire est que ces deux congrès pourraient bien ne pas avoir lieu, si aucun d'eux ne réussi à rassembler le nombre de délégués nécessaires...
Ifea/OVIPOT: «L’affaire du MIT» et les évolutions en cours du système politique turc
Le 17 février dernier, le parlement turc a adopté une loi controversée, proposée par le gouvernement, et visant à protéger les agents du MİT (Milli İstihbarat Teşkilatı – Organisation nationale de renseignements, dénomination des services secrets turcs) de toute poursuite judiciaire, pour des activités relevant de leurs fonctions. Désormais, le parquet devra requérir l'autorisation du premier ministre pour engager des poursuites contre ces personnels très spéciaux. Ce texte, qui est entré en vigueur dès le 20 février, vient clore provisoirement la récente «affaire du MİT», qui a défrayé la chronique politique en Turquie, au cours des deux dernières semaines.
Parution Ifpo : Leaders et partisans au Liban
Franck Mermier et Sabrina Mervin (éds)
Collection Hommes et sociétés
ISBN : 9782811105952
Le Liban se singularise dans l'espace arabe par un système politique confessionnel, un État faible et la dévolution de la présidence de la République à un chrétien. Il apparaît donc souvent comme un cas à part, pouvant être même perçu en creux comme la scène de conflits régionaux dont les habitants ne seraient que des figurants.Ifea/OVIPOT : Abullah Gül fera bien son septennat
Le Parlement turc a adopté, le 19 janvier dernier, une disposition qui confirme que l'actuel président de la République, Abdullah Gül, ira bien jusqu'au bout du mandat de 7 ans pour lequel il a été élu, en août 2007.
Peu après cette élection, en octobre 2007, on se souvient qu'un référendum avait ratifié une révision constitutionnelle, réduisant la durée du mandat présidentiel à 5 ans, et prévoyant l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel (cf. nos éditions des 17 octobre 2007, 18 octobre 2007 et 22 octobre 2007). Au cours des 4 dernières années (cf. notre édition du 22 février 2010) des polémiques ont régulièrement opposé les défenseurs d'une application immédiate de la réforme qui estiment que le mandat de l'actuel président s'achève en 2012, à ceux qui considèrent que le chef de l'Etat élu en 2007 doit aller au terme de son mandat et que la révision constitutionnelle ne s'appliquera qu'à l'issue des prochaines présidentielles.
Ifea/OVIPOT : Le bilan 2011 de la politique intérieure turque
Comme chaque année, le Blog de l'OVIPOT vous propose une rétrospective des politiques intérieure, étrangère et européenne de la Turquie. Année électorale, 2011 a vu la troisième victoire consécutive de l'AKP à des élections législatives et la poursuite du miracle économique turc, mais ces développements flatteurs ne sont pas exempts d'interrogations pour l'avenir qui concernent l'évolution du régime politique turc, les risques de concentration du pouvoir et toujours la question kurde...
La permanence du problème kurde
L'année 2011 s'est mal terminée en Turquie : le 28 décembre, des F16 de l'armée de l'air ont bombardé par erreur un groupe de villageois qui faisaient de la contrebande, en les confondant avec des rebelles du PKK (cf. notre édition du 31 décembre 2011). Quelles qu'en soient les causes (erreur, négligence...), le drame d'Uludere, qui a fait 35 morts, est venu rappeler que la question kurde reste le premier problème politique de la Turquie contemporaine. L'année qui vient de s'écouler a vu, en effet, la situation se détériorer dans les départements du sud-est du pays.
Ifea/OVIPOT : Retour sur le «discours du balcon» et sur la victoire d’un nouveau leader régional
Au soir du 12 juin 2011, après la large confirmation par les électeurs de la victoire annoncée de l'AKP aux législatives, le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, son épouse Emine en foulard à ses côtés, a prononcé au siège de son parti à Ankara, ce que la presse turque a baptisé «le discours du balcon» (Balkon konuşması). Ce discours mérite une lecture attentive. Car, outre qu'il a exprimé la satisfaction légitime de celui qui a indubitablement payé de sa personne en sillonnant le pays pendant des mois pour prêcher la bonne parole électorale, Recep Tayipp Erdoğan a utilisé une série de formules et de références fort intéressantes. Sur la nation turque dans sa diversité: «Aujourd'hui, les 74 millions de vainqueurs sont les Turcs, les Kurdes, les Zazas, les Arabes, les Tcherkesses, les Lazes, les Géorgiens, les Roums [Chrétiens], les Turkmènes...» Cette liste fonde la promesse du premier ministre de revenir aux principes fondateurs de la Guerre de libération (1919-1922), qui s'appliquaient à tous les citoyens sans égard à leur appartenance ethnique, religieuse ou politique. Sur la réforme constitutionnelle, en tendant la main (par nécessité) à l'opposition représentée à la Grande Assemblée, et en promettant que «cette nouvelle constitution sera celle des Turcs et des Kurdes, des alévis comme des sunnites.»
