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irmcLa Révolution tunisienne, qui a ouvert la vague des Printemps arabes, a obligé les chercheurs à reconsidérer les analyses qui identifient la Tunisie comme exemple dans la transition démocratique ; en même temps l’enclenchement de mouvements de contestations au niveau national a aussi mis en discussion la tendance de l’État à confirmer sa persistance par le biais de son réengagement dans les reformes institutionnelles et économiques. Sous la pression des bailleurs des fonds à partir des années 1980 le régime tunisien a inauguré un cycle de reformes liées à l’introduction des Plans d’Ajustement Structurel et de mise à niveau économique. Dans les années 1990 la nouvelle notion de « bonne gouvernance » élaborée par la Banque Mondiale et le FMI a fait son apparition. Pour les organismes de prêts internationaux, cette notion est devenue le moyen de préconiser les reformes institutionnelles nécessaires à la réussite de nouveaux programmes économiques. Dès lors, la « ville » est mise au cœur des stratégies internationales du développement et de soutien du processus démocratique : pour les acteurs internationaux, il s’agissait de limiter la présence étatique et de renforcer la participation politique dans les arènes locales. En d’autres termes, l’État devait assurer la présence de différentes formes d’oppositions en permettant, par exemple, à des acteurs privés de participer à la gestion des services municipaux, pour établir en théorie une pluralité des choix où le citoyen peut choisir le service le plus satisfaisant (aussi dites New Public Management reformes). En pratique le discours sur la décentralisation devenait une des stratégies de légitimation nationale où l’État maintenait son intervention et incorporait la prise en compte des spécificités de la « société civile » : dans le système ainsi créé, chaque mesure du développement local dit « déconcentré-centralisé », est encadrée dans des programmes d’ajustement et réadaptation aux exigences des territoires, élaborés par l’État même (Laroussi 2009).

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tunisieLe concept de la protection sociale est caractérisé par des liens complexes entre les acteurs publics et privés, la société civile et les individus. Dans les pays de l’OCDE l’État a longtemps joué le rôle d’un garant de la protection sociale. Mais dès le début des années 1970 de nouveaux modèles de protection remplacent de plus en plus le concept d’un soutien étatique global. Les processus de mondialisation et de tertiarisation ainsi que les dettes publiques croissantes renforcent cette évolution. Fondés sur les principes du néolibéralisme ces modèles s’appuient sur l’idée de la responsabilité individuelle. Ce changement de paradigme se révèle notamment dans le domaine de l’emploi : de nouvelles approches dans la politique de l’emploi se basent sur des mesures d’activation mettant l’individu et son « employabilité » au centre des stratégies de lutte contre le chômage.

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chinaMa recherche doctorale porte sur la chaîne (ou route) commerciale de lieux et d’acteurs reliant les producteurs asiatiques aux consommateurs tunisiens. Les produits Chinois, ou « chnawa », sont présents sur tous les marchés tunisiens et, depuis 2011, sur un nombre croissant d’étals dans les rues des principales villes tunisiennes. L’importation massive de ces marchandises bon marché mais souvent de faible qualité repose sur un dispositif marchand à la fois souple, discret et complexe, transgressant les frontières, les législations et les échelles pour déployer des réseaux d’affaire jusqu’en Chine. Cette étude me conduit à remonter le réseau des places marchandes d’importation depuis Tunis et la Tunisie, jusqu’en Chine (Guangzhou, Yiwu) pour comprendre comment la mise en relations des acteurs marchands et non marchands et des territoires à différentes échelles, permet l’approvisionnement des marchés de consommation à faibles revenus en marchandises du quotidien « made in China ».

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créa féminieEn Tunisie, les femmes artistes sont de plus en plus nombreuses sur la scène artistique (photographes, vidéastes, peintres, plasticiennes…) depuis les années 1980. Les pratiques, les formes et les thèmes abordés dans les œuvres de femmes ne cessent dès lors de se multiplier. Elles façonnent le paysage de la création, et tout en témoignant de leur vécu, elles portent un regard personnel et intime sur le monde qui les entoure. Cette étude observe les générations d’artistes femmes et leurs créations au fil de l’histoire, rapproche les thématiques similaires, regroupe les médiums identiques, compare leurs démarches, leurs profils, leurs préoccupations. La mise en série permet de constater que ces artistes ont développé des questionnements proches, malgré des pratiques, des générations et des problématiques différentes. Ce travail a fait l’objet d’une investigation de terrain qui a durée deux ans. Une démarche exploratoire qui à terme nous interroge sur les spécificités de la création féminine tunisienne.

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bouaziziArticle déjà paru sur le journal Jadaliyya.com, le 21 juillet 2014.

Bouazizi, l’autre histoire

Après quelques années, la banque lance une procédure de contentieux et la terre qui avait été déposée en hypothèque est mise aux enchères. L’acheteur, un homme d’affaires originaire de la région de Sfax proche du littoral, avait déjà proposé de racheter la parcelle en question mais s’était heurté au refus de Salah. Le jour de la vente, il est le seul acheteur potentiel à se présenter au tribunal. Salah dénonce ce qu’il considère comme une injustice. Après avoir tenté plusieurs mois, sans succès, d’obtenir une intervention du Président pour régler ce conflit, il chasse les ouvriers du nouveau propriétaire et organise à partir de juin 2010 l’occupation du terrain avec des membres de sa famille, et des rassemblements avec d’autres propriétaires de la région dont la terre a été saisie par la banque dans des conditions similaires.

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10-01-2014 :Appel à candidatures : Bourses "Michel-Foucault" 2014Le programme "Michel Foucault" soutient le partenariat entre universités tunisiennes et françaises par l’attribution de moyens de mobilité destinés aux enseignants-chercheurs.

Objet du programme

Ce programme de mobilités "courte durée" vise à favoriser les recherches bibliographiques et documentaires, le recueil de données, et à faciliter l’instauration de partenariats durables entre les structures universitaires les plus dynamiques. Les moyens mis à la disposition des universités tunisiennes dans le cadre de ce programme sont orientés vers les grandes priorités scientifiques retenues par la Tunisie et vers les champs disciplinaires jugés prioritaires pour le développement de l’enseignement supérieur tunisien.

Durée de la bourse "Michel Foucault" : 15 jours
Date limite de candidature : vendredi 14 février 2014 à 12h00

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Les avocats en Tunisie de la colonisation à la révolutionEric Gobe, Les avocats en Tunisie de la colonisation à la révolution (1883-2011) : sociohistoire d’une profession politique, coll. Hommes et sociétés, Karthala, Paris, 360 p., 2013.

Le 14 janvier 2011, jour de la fuite du président Ben Ali, les images d’avocats tunisiens manifestant dans leur robe noire devant le ministère de l’Intérieur ont fait le tour de la planète, véhiculées aussi bien par les médias audiovisuels que par le web. Elles ont donné à penser que la profession d’avocat avait joué un rôle fondamental dans les mouvements de protestation ayant précédé la chute du régime autoritaire issu de l’indépendance. S’il convient de nuancer cette analyse, il n’en demeure pas moins que l’avocature, plus que d’autres corps de métier, dispose de par l’exercice des droits de la défense dans les procédures judiciaires d’une proximité fonctionnelle avec le politique. L’approche sociohistorique de cet ouvrage permet justement de montrer combien les « faits » professionnels peuvent revêtir une dimension politique. Pendant la période coloniale, les revendications des barreaux ont pris un caractère politique dans la mesure où elles aboutissaient à exiger un surcroît d’autonomie et, in fine, remettaient en cause la domination coloniale. Depuis l’indépendance, sous les présidences Bourguiba et Ben Ali, les aléas de l’exercice autoritaire du pouvoir ont eu un impact sensible sur l’action professionnelle du barreau. L’analyse de l’histoire de la profession depuis 1956 contribue à mettre en exergue l’aspect complexe et ambivalent des relations entre gouvernants et avocats dans le cadre de rapports sociaux et politiques marqués par l’autoritarisme.

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L’IRMC, les sciences sociales et la ‘rupture ontologique’Les temps forts de l’histoire de l’ IRMC ont été particulièrement marqués par les colloques et des travaux sur les compétences des citadins dans les années 1990, les diplômés de l’enseignement supérieur, les notions de privé/public en Islam ; dans les années 2000, le compromis dans les sociétés arabes, et ces dernières années enfin par les réflexions sur l’économie solidaire, les associations, un renouvellement des problématiques sur le travail, la citoyenneté, la religiosité… Aujourd’hui, et depuis deux ans, une réflexion s’engage sur les moments décisifs de la « révolution ». Il y a là un chantier à développer sur l’apport des sciences sociales pour en cerner nombre de dimensions essentielles : du point de vue des discours avec les linguistes, du point de vue comparatif sur les autres révolutions avec les historiens, puis sur les représentations et les « déceptions » de la révolution, ainsi que les formes de changement social et ses mécanismes, etc.

La rupture ontologique

Dans l’avenir et dans une démarche comparative, des problématiques transversales sur les jeunes, sur les formes du religieux, sur la construction de la citoyenneté, devront explorer les questions de la transmission et de la mémoire collective. Une des explications possibles de l’« islamisme » réside précisément dans l’échec des formes de transmission : on ne sait pas ce qu’était la Tunisie des années 1930, on connaît mal nos proverbes qui font partie de notre habitus, et on entend au quotidien des gens dire à propos de certaines pratiques actuelles « ce n’est pas notre islam, on est tunisiens ! ».
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Les sciences sociales à l’IRMC et dans la révolution tunisienneMes premiers contacts avec l’ IRMC remontent au temps où il se nommait le CDTM. J’allais visiter la bibliothèque de l’avenue de Paris dans ce centre consacré à la Tunisie et au Maghreb, et en particulier pour consulter l’Annuaire de l’Afrique du Nord que l’on considérait comme un instrument de recherche de première qualité et très exhaustif. Mais depuis tout s’est transformé, le CDTM est devenu l’IRMC et L’Annuaire est devenu L’Année du Maghreb. Comme on le voit là, les titres et les nominations des institutions de recherche ou des revues changent comme le climat, et cela prouve déjà que les sciences sociales sont vraiment des sciences « sociales » au sens propre du terme ; c’est-à-dire que comme l’IRMC elles évoluent avec les sociétés, ce qui relativise beaucoup leur caractère « scientifique ». On voit en effet mal les sciences physiques, astrophysiques ou chimiques se modifier en fonction des sociétés, elles ne changent qu’en référence aux découvertes qui sont intrinsèques à la science concernée et validées par cette seule science.

On allait donc à l’IRMC chercher l’information sur le monde arabe, et pas seulement sur le Maghreb et la Tunisie. Il est resté aujourd’hui un centre d’attraction qu’il faut protéger et dont il faut garantir l’indépendance, le suivi des travaux et des publications. Il en est de même pour sa bibliothèque extrêmement riche en revues avec des exemplaires uniques en Tunisie. À l’époque, c’était déjà un instrument de recherche très utile, et un point de rencontre important pour l’organisation des conférences malgré l’exigüité du lieu.

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Ethnosociologie du Sud-tunisienJe n'ai jamais voulu partir en Tunisie ; j'y ai pourtant passe presque six années, enchainant différents statuts, heureux en fin de compte de l'opportunité à chaque fois renouvelée de prolonger mon séjour. Je débarque à Tunis pour 16 mois comme volontaire du service national – le statut a disparu avec la fin de la conscription – pour assurer les fonctions d'aide bibliothécaire et de secrétaire de rédaction du bulletin Correspondances. Bien que j'imagine parfois emprunter la voie incertaine de la recherche, je ne sais trop ce que je ferai par la suite. Je dois à la fréquentation de l'institut de préciser cet horizon. Ainsi, peu à peu, autant par simple capillarité que par démarche volontaire, j'entame ce qui s'apparente à une formation. En parallèle, je profite pleinement de l'environnement universitaire et scientifique tunisien : je suis un stage d'arabe d'une année en accueil à l'Université de la Manouba et soutiens un DEA dans le cadre d'une coopération inédite (et unique ?) entre les Universités du 9 avril et de Provence. Je côtoie les chercheurs tunisiens anthropologues, sociologues et historiens, certains d'entre eux encadrent mes travaux universitaires.

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