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Conférence inaugurale "Paradigmes de la mémoire"

Marie-Claire Lavabre (CNRS, Maison Française d’Oxford)

La question de la mémoire n’est pas nouvelle. Pour autant, les connotations aujourd’hui attachées à la notion –quand on la spécifie comme collective, sociale ou nationale— n'ont émergé que récemment. Si la problématique de la mémoire peut sembler aujourd’hui largement internationalisée, c’est au prix d’une série de décalages, dans les temporalités, dans les traditions théoriques mobilisées, dans les objets historiques privilégiés.
A tenter une improbable synthèse générale, il apparaît que cohabitent aujourd’hui trois grandes problématiques, trois grands paradigmes de la mémoire. Le premier est celui des « lieux de mémoire », qu’on doit à Pierre Nora, le deuxième est celui du « travail de mémoire » auquel le nom de Paul Ricoeur peut être associé, le troisième est celui des « cadres de la mémoire » issu des réflexions de Maurice Halbwachs sur les conditions sociales de la production et de l’évocation des souvenirs.

Le texte de la conférence inaugurale de Marie-Claire Lavabre a été publié dans Transcontinentales, n°5, deuxième semestre 2007, pp. 139-147

Marie-Claire Lavabre (CNRS, Maison Française d’Oxford)Marie-Claire Lavabre, directrice de recherche CNRS au CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po. Depuis Le fil rouge, sociologie de la mémoire communiste, (1994), ses recherches portent sur la sociologie ou l'histoire du communisme d'une part, et sur le phénomène mémoriel et les théories de la mémoire, d'autre part. Elle anime depuis plusieurs années un groupe de travail sur la sociologie de la mémoire et, en collaboration avec Philippe Joutard et Bogumil Jewsiewicki, un séminaire international "Histoires et mémoires croisées". Entre 1997 et 2000, à l’occasion d’un séjour au Centre Marc Bloch de Berlin, elle a animé un programme de recherche sur « Mémoire et recomposition des identités politiques dans le post-communisme » auquel le CEFRES de Prague a été largement associé. Elle a été récemment affectée à la Maison française d'Oxford, dont elle reste chercheur associé.