Catherine Gousseff est chargée de recherche au CNRS, membre du Centre d'études des monde russe, caucasien et centre européen. Elle est actuellement détachée au Centre Marc Bloch à Berlin. Elle a travaillé entre autres sur l'émigration russe, l’histoire démographique et sociale de l’URSS et de l’Europe, sur les pratiques administratives en URSS. Elle a publié Moscou, de l'homme nouveau au bonheur totalitaire (Autrement, 1993), Retours d'URSS (CNRS, 2001) et plus récemment L'exil russe, aux éditions du CNRS.
Six regards croisés sur le communisme et ses suites, en Europe de l’Est et en Chine

Mémoires du Rideau de fer, mémoires du communisme:Ceské Velenice, une ville tchèque à la frontière de l’Autriche
Muriel Blaive (Institut Ludwig Boltzmann, Vienne)
Cette intervention s’appuie sur une micro-étude de la petite ville de Ceské Velenice (3500 habitants), localité-frontière tchèque faisant face à la ville autrichienne de Gmünd. Cette étude est largement fondée sur une perspective d’histoire orale ; en effet, j’ai mené 38 entretiens à Ceské Velenice entre octobre 2006 et avril 2007 sur la base d’un questionnaire semi-directif. L’interviewé le plus âgé avait 82 ans et le plus jeune, 15 ans. L’objet principal était d’en faire ressortir la perception de la frontière, que ce soit au temps du Rideau de fer ou de nos jours, notamment avec l’entrée dans l’Union européenne. Si cette recherche concerne aussi bien le côté autrichien que le côté tchèque du rideau de fer, notre présentation s’intéresse principalement au côté tchèque. Ce travail s’appuie également sur une étude des archives de la police et du parti communiste local.
Les résultats préliminaires montrent que la formule « présence du passé » peut difficilement trouver meilleur terrain d’application que dans ce cas concret. Je me propose de montrer que la frontière, voire le Rideau de fer, restent largement présents dans les têtes en m’interrogeant tour à tour :
- sur la permanence et les changements dans la perception de « l’Autre » (d’abord et avant tout des Autrichiens mais aussi des deux communautés « non tchèques » de Velenice, les Roms et les Vietnamiens) ;
- sur la permanence et les changements dans la perception du passé communiste ;
- sur la réalité du changement depuis la Révolution de velours, à la fois en ce qui concerne les élites de la ville (on ne sera pas étonné de voir qu’elles sont largement restées les mêmes), mais aussi en ce qui concerne la vie des habitants, que ce soit au niveau socio-économique ou au niveau de la vie collective.
Pour dire les choses de façon très rapide, il est intéressant de comparer la temporalité du changement (ou du non changement) en ce qui concerne la perception de la frontière et le jugement porté sur le passé communiste. On constate que beaucoup de choses ont changé, dans le mode de vie, dans les institutions, avec la frontière, et en même temps que les mentalités évoluent sur un rythme complètement différent, ce qui crée des situations de porte-à-faux parfois inattendues.
Muriel Blaive, docteur de l' EHESS, est chercheur au Ludwig Boltzmann Institut für Europäische Geschichte und Öffentlichkeit de Vienne, et dirige la section de l'histoire du communisme au Collegium Minor Pragensis de Prague. Elle a été doctorante et post-doctorante au Centre français de Recherche en Sciences Sociales ( CEFRES) de Prague.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
La gestion territoriale du passé dans les régions frontalières de Bohème occidentale : frontière, « dé-germanisation », socialisme et post-communisme
Paul Bauer (EHESS, Centre Français de Recherche en Sciences Sociales, Prague)
En 1945, les accords de Potsdam règlent la question des transferts de populations de langue allemande d’Europe centrale vers un territoire national allemand aux frontières remaniées. En Tchécoslovaquie, ce sont près de 3 millions de citoyens de langue allemande qui sont ainsi transférés hors de Bohème et de Moravie. Et pour la première fois dans les Pays tchèques le projet de faire coïncider « frontières historiques » et « nation linguistico culturelle » est devenu possible. Dans les régions frontalières de Bohème occidentale où vivaient en majorité les citoyens de langue allemande, les territoires vidés de plus de 90% de leurs habitants ont été repeuplés par vagues successives par une mosaïque de populations de langue tchèque venues de l’intérieur de pays tchèques, de Slovaquie, d’Ukraine et de Biélorussie, qui n’avaient pour la plupart aucune racine historique et affective avec les lieux qu’ils investissaient de leur présence. Entre 1945 et 1950, les organes étatiques de repeuplement des régions frontalières aux mains des membres du parti communiste, voyaient dans ces régions nouvellement repeuplées un possible laboratoire de la réalisation de l’idéaltype du modèle de développement territorial et social communiste, en conformité avec les canons soviétiques. Toutefois, comme le rappel l’historien français d’origine hongroise François Fejtö, dans de nombreux territoires d’Europe centrale et orientale, le mot d’ordre du Parti Communiste d’Union Soviétique entre 1945 et 1948 était de continuer à mettre en avant les sentiments nationaux et patriotiques. De fait, les territoires frontaliers de Bohème occidentale étaient voués à devenir, outre un laboratoire-modèle de la réalisation du socialisme réel, des espaces représentatifs de la réappropriation tchèque d’un territoire national devenu linguistiquement homogène. Aussi, les offices nationaux de repeuplement ont-ils procédé à une intense politique de « dé-germanisation » des régions frontalières de Bohème en faveur d’une nationalisation tchèque de ces espaces.
La fin des systèmes socialistes a engendré la démocratisation de la gestion politique nationale, régionale et locale des territoires ainsi que l’essor de la propriété municipale et privée à l’échelle locale. Par ailleurs, l’ouverture des frontières germano-tchèques a été suivie par l’européanisation du contexte transfrontière entre les régions frontalières tchèques et allemandes par l’implantation institutionnelle des eurorégions.
À l’échelle des régions frontalières de Bohème occidentale, ces différents facteurs ont engendré une restructuration des territoires régionaux et locaux, ainsi qu’une possible réappropriation territoriale de l’histoire des régions de Bohème occidentale par de nouveaux acteurs émergeant dans la sphère publique et privée au niveau local. Cette contribution interroge, à l’échelle micro du territoire (municipalités, institutions citoyennes locales, acteurs individuels indépendants), les nouvelles modalités de gestion territoriale locale de l’héritage communiste de l’histoire nationale des régions frontalières de Bohème. Nous analysons ainsi les représentations de l’espace et les espaces de représentations signifiant la présence des passés et la manière dont ceux-ci sont construits dans les discours des acteurs locaux et dans leurs pratiques de revalorisation du territoire dans sa dimension patrimoniale;
Paul Bauer, Doctorant en géographie sociale, politique et historique à l’EHESS (Paris) et au CEFRES (Prague). Ses recherches portent sur la recomposition territoriale des régions frontalières en République tchèque et en Slovaquie dans le cadre de l’intégration européenne.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
La mémoire tchèque du ghetto de Terezín au fil de la presse communiste, 1945-1973
Thomas Hejda (Paris I, CEFRES Prague)
Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation nazie de la Bohême et de la Moravie environ 88 % de la communauté juive périt. A partir de la fin de l’année 1941, la ville de Terezín, située à mi chemin entre Dresde et Prague, est choisie par les nazis afin de concentrer tous les Juifs du Protectorat ainsi que des Juifs venant d’autres pays, notamment d’Allemagne et d’Autriche mais aussi de Hollande ou du Danemark. Ce lieu était un camp de transit. Une soixantaine de convois partiront avec des milliers de personnes vers les camps d’extermination. Sa troisième fonction était celle d’un camp de propagande. Progressivement, les nazis firent croire que Terezín était un ghetto pour les vieux (Altersghetto) et une villégiature où ils pourraient attendre confortablement la fin de la guerre. La fonction de décimation pourrait être ajoutée aux trois fonctions précédentes à cause de la très forte mortalité qui régna à Terezín.
Ma thèse de doctorat traite non pas de la période du Protectorat de Bohême-Moravie ni de l’appareil génocidaire appliqué contre les Juifs tchèques mais examine la survivance des traumatismes que la Shoah a engendrée dans la conscience nationale. Fondé sur l’analyse des représentations de la Shoah dans la vie politique et culturelle tchécoslovaque, ce travail tente de retracer l’évolution du souvenir du ghetto de Terezín de 1945 jusqu’à la période de la normalisation. Cette recherche n’est pas celle d’un sociologue de la mémoire qui s’intéresse plutôt aux vérités du présent qu’aux réalités du passé. L’histoire de la mémoire met l’accent sur la généalogie des représentations du passé, tandis que la sociologie de la mémoire s’intéresse plus spécifiquement aux acteurs et aux agents sociaux qui portent ces représentations, à leurs expériences et à leurs stratégies et, à partir de là, à la mémoire comme effet du présent. J’étudie la généalogie des représentations du ghetto de Terezín dans le passé communiste. Il s’agit bien d’une mémoire du camp à partir d’une période précise bien déterminée : la période communiste. C’est donc une mémoire « close » qui est au cœur de mon travail. Pour ce colloque, l’objectif est d’observer l’évocation de Terezín dans la presse communiste. J’ai étudié deux sources. Elles sont très différentes. Le quotidien Rudé Právo (organe officiel du comité central du Parti Communiste Tchèque, tiré à plusieurs millions d’exemplaires, est destiné à toucher le plus grand nombre de lecteurs à l’échelle nationale, il est accessible partout) et le mensuel Věstník bulletin juif (journal officiel des communautés juives tchèques vise un lectorat juif, très restreint). Ces deux sources informent-elles sur le ghetto de Terezín ? Si c’est le cas, de quelle façon transmettent-elles le souvenir du ghetto aux lecteurs ? Le Bulletin de 1945 jusqu’aux années 1970 est une source qui permet de cerner en partie les représentations de Terezín au sein du groupe des rescapés et de la communauté juive tchèque. Dans les régimes totalitaires les périodes d’amnésie et d’exploitation idéologiques d’évènements historiques ne furent pas rares. L’étude de la presse dévoile que la mémoire de Terezín peut aussi être une organisation de l’oubli, une occultation de la singularité du génocide juif mise en place par les instances politiques officielles, dans un contexte profondément antisioniste, cherchant à instrumentaliser politiquement le génocide des Juifs. Se focaliser uniquement sur l’organe du PCT pourrait être un obstacle pour appréhender toutes les subtilités des usages du souvenir de Terezín. Si cette presse est analysée dans une perspective de confrontation à d’autres sources, il est possible d’apporter quelques lumières sur les constructions officielles de la mémoire tchèque du camp nazi sous le communisme. Je tenterai de réfléchir aux principales caractéristiques de l’entretien du souvenir de Terezín, parallèlement, je m’interrogerai sur la spécificité de ce souvenir comparé à celui ou à ceux qui se situent au sein et en dehors de la communauté juive tchèque. Enfin, dans un régime communiste qui était loin d’être homogène, l’analyse des discours sur la Shoah dans la presse tchécoslovaque est-elle révélatrice d’un dualisme ou d’une « polarité de mémoires » : mémoire de Terezín interne à la communauté juive et mémoire externe à cette dernière ?
Thomas HEJDA est doctorant en histoire contemporaine à l’université de Paris I - Panthéon – Sorbonne et boursier du CEFRES
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Nostalgie pour les années 1980 en Hongrie
Maté Zombory (Université Budapest, CEFRES Prague)
Aujourd’hui, nous percevons un discours politique assez fort sur la révolution de 1989, ou comme cela se dit en Hongrie, sur le « changement de régime ». Ma contribution porte sur ce discours à travers l’analyse des propos et des textes publics de deux présidents de deux plus grands partis, comptant pour presque 90 % des suffrages lors des dernières élections législatives au printemps de 2006. Quels que soient les clivages politiques actuels en Hongrie, les grands partis instrumentalisent la période des années 1980 afin de légitimer leur action politique actuelle. Toutefois, cette instrumentalisation s’effectue de deux manières différentes. La rhétorique du parti de droite (Fidesz), la rhétorique cherche à identifier les partis de gauche du gouvernement aux communistes d’avant 1989. Selon cette argumentation, il faut achever le changement du régime, en mettant un terme à la présence des communistes au sein du pouvoir politique. Pour le parti social-démocrate (MSZP) actuellement au pouvoir, il apparaît également nécessaire de mener à terme la révolution de 1989, mais pour lui la présence des communistes n’est rien d’autre que la continuité de la mentalité sociale quotidienne présente sous la dictature, et qui entend exiger la présence de l’Etat comme régulateur du marché et du travail. La communication présente les conditions politiques et mémorielles du succès de la figure discursive de l’« achèvement du changement de régime ». On avancera l’hypothèse selon laquelle l’efficacité des pratiques nostalgiques étudiées est en corrélation avec l’affaiblissement de la force de mobilisation du symbolisme du « retour à l’Europe », qui a été le trait essentiel de la politique de mémoire d’avant l’intégration européenne du pays.
Máté Zombory est doctorant en sociologie à l'Université ELTE à Budapest. Sa thèse de doctorat porte sur les rapports entre la nation et l'espace dans la reconstruction mémorielle de la Hongrie post-communiste. Il est boursier de Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES) à Prague.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
"Refus de témoigner : la Révolution culturelle entre mémoire et oubli chez les écrivains Gao Xingjina et Wang Xiaobo".
Sébastian Veg (EHESS, Centre d’Etudes Français sur la Chine Contemporaine, Hong Kong)
Alors que la Révolution culturelle ne peut à l’heure actuelle toujours pas faire l’objet de recherches historiques véritables en Chine, elle reste l’épisode emblématique du maoïsme et fait l’objet de débats en cercle restreint, à l’heure où les victimes des persécutions arrivent en fin de vie. Après les premiers écrits de Ba Jin (Pour un musée de la Révolution culturelle) et Yang Jiang (Six récits de l’école des cadres), c’est la fiction qui est devenue le vecteur privilégié du souvenir de cet épisode historique.
Rompant avec la « littérature des cicatrices », deux écrivains se distinguent par la radicalité de leur démarche et l’originalité de leur propos : Gao Xingjian (né en 1940, prix Nobel de littérature 2000), très jeune membre de la génération des cadres persécutés, et Wang Xiaobo (1952-1997), qui a appartenu à la génération des Gardes rouges envoyés à la campagne comme « jeunes instruits ». Gao Xingjian met en scène, dans Le Livre d’un homme seul (1998), un narrateur qui refuse de se remémorer des épisodes qui ne lui apporteront qu’un surcroît de souffrance, préférant l’oubli et la jouissance de l’instant présent. Cependant, la structure dédoublée du roman, divisé entre chapitres à la seconde personne, se déroulant au présent, et chapitres à la troisième personne, se déroulant pendant la Révolution culturelle, sert en fin de compte de piège dans lequel le narrateur est pris et renvoyé vers son propre passé.
Dans L’Âge d’or (1992), récit d’un jeune instruit envoyé au Yunnan qui vit une aventure sexuelle débridée avec une jeune femme médecin, Wang Xiaobo se sert également d’un dispositif narratif opposant le présent et le passé. Cependant, l’« âge d’or » de la Révolution culturelle s’avère être non seulement celui de la libération sexuelle inattendue dans un retour à la nature vierge, mais également celui de la réduction de l’individu à l’existence animale. L’ironie, notamment celle du titre de la nouvelle qui joue avec l’imagerie de l’utopie agraire maoïste, permet cependant à l’individu de retrouver sa subjectivité et de revendiquer un retour parmi les hommes plutôt qu’une « fuite » taoïste hors de la société. En refusant le témoignage et la sacralisation des souffrances de leur génération, les deux auteurs prennent ainsi une position iconoclaste, invitant au débat public qui fait toujours défaut sur cet épisode de l’histoire chinoise, et dont l’immense succès du texte de Wang Xiaobo en Chine montre la nécessité.
Sébastian Veg est chercheur au Centre d’Etudes Français sur la Chine Contemporaine de Hong Kong, et membre associé du Centre de recherche sur les arts et le langage, École des hautes études en sciences sociales.
sveg@ CEFC.com.hk
L’histoire au service du développement économique en République Populaire de Chine
Gilles Guiheux (Université Paris VII)
Une partie des réponses pour comprendre la trajectoire actuelle de la Chine sont à chercher du côté de l’histoire, qu’il s’agisse des héritages de trente ans de communisme maoïste ou d’héritages plus anciens, de la Chine d’avant 1949, celle du premier capitalisme chinois de la première moitié du XXème siècle, ou même de la Chine impériale. Ces héritages n’agissent pas seulement comme des contraintes ou comme des freins aux transformations actuelles, mais participent pleinement aux évolutions en cours. Ces héritages sont notamment des outils mobilisés par les acteurs publics et privés au service d’objectifs de développement.
Cette contribution revient sur les modalités de la célébration du passé (et singulièrement de l’histoire économique) dans la Chine contemporaine. En effet, les réformes s’accompagnent d’une intense mobilisation des histoires locales au service de la construction de nouvelles identités. La réforme et l’ouverture, c’est donc aussi la réinvention de la dimension locale. A l’encontre de l’idée d’un nivellement et d’une homogénéisation du pays sous l’effet de la croissance économique, cette contribution revient sur les processus de reconstruction des histoires des territoires. Un travail de mémoire est en effet en cours sur les particularismes qui remonte bien au delà de 1949, à l’histoire ancienne voire antique.
On analysera les formes que prend cette célébration du passé (préservation du patrimoine, reconstructions de sites historiques, publications d’histoires locales, etc.). On identifiera les objectifs poursuivis : objectifs commerciaux, processus de légitimation d’initiatives contemporaines, fabrication d’images à destination d’un public chinois ou international etc. On montrera enfin comment la mobilisation de ces histoires est bien une reconstruction sélective.
La démonstration s’appuiera sur plusieurs terrains :
- La célébration du passé de Shanghai (lao shanghai). Autrefois dénoncée comme le bastion de l’impérialisme et le repaire d’une bourgeoisie bureaucratique asservie aux étrangers, une ville décadente où se côtoient le luxe et la misère, la tradition commerciale et cosmopolite de Shanghai est désormais activement célébrée.
- La construction d’une nouvelle identité locale dans la ville d’Yiwu (province du Zhejiang). La prospérité de cette ville de taille moyenne est due aujourd’hui au développement rapide de marchés de gros de produits manufacturés. Le gouvernement local s’emploie à établir un lien entre ces derniers et l’histoire économique ancienne de cette région traditionnellement rurale (production d’une histoire officielle, construction d’un musée, etc.).
Gilles Guiheux est professeur à l’Université Paris Diderot-Paris VII. Il été chercheur au Centre d’études français sur la Chine contemporaine (CEFC, Hong Kong) de 2001 à 2003, puis directeur du Centre (2003-2006), et rédacteur en chef de Perspectives chinoises. Ses travaux d’histoire et de sociologie économique portent sur le monde des affaires à Taiwan et en Chine populaire, et notamment sur l'essor de l'économie non étatique.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


