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Colloque 2010

Colloque 2010

Le second colloque des instituts français de recherche à l'étranger  a réuni vingt-deux chercheurs sur les thèmes de de mobilité et de transit, de frontières et de réfugiés, de politiques publiques et d'intégration. Même si la question de la mobilité et de sa reconnaissance comme droit humain fondamental pour tous se pose de nos jours avec force, ses origines remontent bien au-delà des XIXe et XXe siècles qui ont vu le nombre de ces déplacements s'accroître et les distances parcourues s'étendre dans des proportions prodigieuses.

Musée du quai Branly, 5 et 6 janvier 2010

Ouverture

  • Christian Masset, Direteur général de la mondialisation, du développement et des partenariats, MAEE
  • Anne-Christine Taylor, Directrice du département de la recherche et de l'ensignement, Musée du quai Branly

Un monde en mouvement

Le monde est en mouvement. Les sciences sociales aussi.
C'est ainsi que la question des migrations est devenue une préoccupation centrale en France, un pays où elle était relativement secondaire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Dans d'autres parties du monde, la question est depuis plus longtemps importante, en particulier au sein des pays qui se sont construits en détruisant les populations « premières », ou presque, et à grands coups d'immigration. Les États-Unis, par exemple, tirent fierté d'être un pays d'immigrés, et il suffit de visiter Ellis Island, à l'entrée du port de New York, pour le comprendre : l'engouement des visiteurs y est considérable, loin de ce que connaît la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration à Paris. Alors que la France découvrait son histoire de l'immigration au milieu des années 80, avec les travaux pionniers d'Yves Lequin ou de Gérard Noiriel, les États-Unis célébraient l'anniversaire de l'arrivée de la Statue de la Liberté, symbole de la construction de leur pays par l'immigration - oubliant cependant d'évoquer l'arrivée moins glorieuse des Noirs dans les cales des navires affrétés pour la traite négrière, et évitant de traiter de la destruction des Indiens. J'insisterai dans cette présentation sur les dimensions qualitatives des phénomènes migratoires, et sur leurs implications pour les sciences sociales. Mais comment ne pas dire un mot de leurs dimensions quantitatives, même en se limitant à emprunter un chiffre à Catherine Withol de Wenden : « le volume des migrations a triplé en trente ans et, presque toutes les régions du monde sont aujourd'hui concernées par le départ, le transit ou l'accueil de populations de plus en plus mobiles, aux profils de plus en plus diversifiés » .